Paul Bérenger accuse la France d’avoir violé la Charte des Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI) par rapport aux conditions de participation de Mayotte à ces Jeux indianocéaniques. Face aux risques que ce contentieux ne s’étende à la Coopération régionale dans le cadre de la Commission de l’océan Indien (COI), le chef de l’opposition estime «urgent» que la France offre désormais des «garanties» aux pays souverains de la sous-région. D’où son souhait de la convocation «rapide» d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays riverains de la zone dont la France en vue de «tourner la page».
Paul Bérenger souligne que la Charte des JIOI stipule clairement les conditions de la participation de Mayotte à ces Jeux indianocéaniques. Des conditions auxquelles le leader de l’opposition rappelle avoir, personnellement, contribué à dégager en vue d’une solution de compromis à l’époque où il était au gouvernement en 2003.
Ainsi, avance-t-il, il a, de tout temps, été acquis pour l’ensemble des Etats souverains de la région que la Réunion sur laquelle aucun d’entre eux n’a de revendication de souveraineté y participe en qualité de département français d’outre-mer. Ce qui, explique Paul Bérenger, ne pose aucun problème à ces Etats souverains de voir les athlètes réunionnais défiler lors des JIOI en arborant le drapeau français ou en entonnant la Marseillaise.
Il poursuit en laissant comprendre, toutefois, que ce n’est pas ce qui avait été agréé dans la Charte des Jeux dans le cas de Mayotte, île toujours revendiquée par les Comores. S’il reconnaît que la France soutient que Mayotte a, entre-temps, accédé, elle aussi, au statut de département français d’outre-mer, Paul Bérenger soutient que les Comores n’ont pas agréé à ce que la Charte des JIOI soit amendée en vue de permettre aux athlètes mahorais de défiler au son de la Marseillaise ou en portant le drapeau français. Le leader de l’opposition accuse, ainsi, la France de violation de la Charte des JIOI. Selon lui, sans doute peu informé des subtilités d’une participation à ces Jeux, le Premier ministre français, Manuel Valls, en visite à Mayotte en juin dernier n’a, peut-être, pas, sur le coup, pris la pleine mesure de sa déclaration indiquant que les athlètes mahorais allaient défiler sous les couleurs de la France aux JIOI 2015.
Paul Bérenger se montre, en revanche, plus critique à l’encontre du ministre français des Sports, Patrick Kanner, présent à ces Jeux et pour qui la Charte des JIOI n’est qu’un «document administratif». «Après une telle déclaration, nous espérons que la France ne viendra pas, demain, soutenir que l’Accord général de coopération de la Commission de l’océan Indien (COI) qui constitue, en quelque sorte, la Charte de la COI n’est qu’un simple document administratif», déclare-t-il.