Une cérémonie civique s’est déroulée hier en la Cathédrale St-James pour commémorer l’armistice. À cette occasion, l’évêque de Maurice a livré ses réflexions sur le leadership politique et sur la responsabilité citoyenne dans le cadre des prochaines élections générales. Mgr Ernest appelle ainsi les dirigeants politiques et les “social leaders” à veiller à ce que les clauses de la Constitution contre toute forme de discrimination – sur la base de la couleur de peau, la croyance religieuse, le genre ou l’origine ethnique – soient sauvegardées et promues. Le chef de l’Église anglicane souhaite aussi que les dirigeants religieux, les intellectuels, les parents, les professionnels, les syndicats et la presse se prononcent sur les problèmes sociaux et sur le  type de société qui favorisera le bien-être de tous les Mauriciens.
Les anciens combattants des deux guerres mondiales encore en vie sont peu nombreux et seulement une dizaine d’entre eux ont assisté à cette cérémonie civique présidée par Mgr Ernest et à laquelle ont participé aussi des membres du corps diplomatique et les représentants de différentes religions. Du côté des politiciens qui avaient été invités, il n’y avait pas grand-monde et on a remarqué seulement la présence du président Kailash Purryag et de son épouse, de l’ancien Président Karl Offmann, du ministre du Logement Abu Kasenally et d’Ivan Collendavelloo, dirigeant de l’Alliance Lepep et président du Mouvement Libérateur.
C’est un sermon en deux volets que l’évêque de Maurice a prononcé hier. Dans le premier, Mgr Ernest, après avoir rendu hommage aux anciens combattants des deux guerres mondiales du siècle dernier, a mis l’accent sur les conflits au Moyen Orient et dans d’autres parties du monde qui bouleversent le monde ces jours-ci. Il est impossible de nos jours, a ajouté l’évêque de Maurice, de faire abstraction de ces guerres des temps modernes, lors du Remembrance Day, et c’est l’occasion, a-t-il ajouté, de penser et de prier pour toutes ces personnes engagées dans des forces armées et qui sont parties prenantes dans les initiatives pour ramener la paix dans les pays en trouble. Et Mgr Ernest de souligner que la notion de sacrifice est aujourd’hui intégrée au combat de ceux qui veulent offrir un meilleur avenir aux habitants de leur pays mais qu’il est temps, à son avis, de redéfinir cette notion en s’inspirant, dit-il, du modèle laissé par Nelson Mandela et par Mahatma Gandhi dans leur combat pour la liberté et la justice. « This is what has prompted me to consider how we could use this element of sacrifice positively to build solidarity, world understanding and peace generally […] We definitely need to give a new dimension to the word sacrifice ».
Pour Mgr Ernest, la paix est indissociable de la qualité de leadership à la tête du pays et il souligne que les Mauriciens dans quelques jours exerceront leur droit pour choisir le type de leadership qu’ils souhaitent pour les cinq prochaines années. Il s’agit là, dit-il, d’une grande responsabilité qui pèse sur les épaules des électeurs. Mais il note avec regret que la génération d’aujourd’hui met l’accent davantage sur ses droits que sur ses devoirs et ses responsabilités et dénonce l’attitude pour le gain personnel quitte à bafouer les droits des autres. « A few years decades ago, we were taught that we should act with a spirit of respect and accountability. Today we are obsessed with personnal enrichment even if it entails our encroaching upon the rights of others and discriminationg against them » a dit hier le chef de l’Eglise anglicane. Justement au sujet du volet social, Mgr Ernest s’est demandé si nous consacrons réellement notre temps, nos talents, pour le bien-être des plus vulnérables ou si nous sommes préoccupés uniquement à rehausser notre statut socia. On a relevé aussi une certaine inquiétude de Mgr Ernest par rapport à une tension grandissante dans le pays et qui serait du selon lui à une « ethnic fragmentation ».
Par ailleurs, Mgr Ernest compte publier dans les prochains jours une lettre pastorale axée sur la responsabilité citoyenne dans le cadre de ces prochaines élections. Ci-dessous, des extraits du sermon de Mgr Ian Ernest consacré à la question sociale et politique du pays.
« In the very near future, we as citizens of this country will be exercising our right to choose the leadership that will lead the Republic of Mauritius for the next five years. It is indeed a great responsibility. In the multiracial and multicultural context that is ours, we should make sure that colour, race, creed, gender or ethnic origin are not used as criteria for our choice – colour, race, gender and ethnic origin come as a gift from God to each one and not as a root of social division, conflict and discrimination. »
« But it is rather unfortunate that we art part of a generation that lays more emphasis on rights rather than on duties. A few decades ago, we were taught that we should act with a spirit of respect and accountability. Today we are obsessed with personal enrichment even if it entails our encroaching upon the rights of others and discriminating against them. »
« What a challenge this involves for the men and women who wish to stand as future Members of Parliament to shape the destiny of our country ! In the context of General Elections today, we can hardly emphasis the importance for political discourse to include a binding commitment to promote solidarity and respect as these are crucial to the life of the nation. We should be able to identify with projects with a social outreach and support public declarations of policy that commit our people to a duties and rights approach. It is Important that today, as a nation, we recognize the need for one and all to be committed to safeguarding the democratic nature of our society and building its capacity to face the challenges of economic and social development in a world of fierce competition. May I hereby call on our political leaders and social players to be attentive to what people have to say and take stock of the expectations and dreams of the citizens of the country »
« So may we all, with the desire for a peaceful and just society in our hearts, seize the opportunity of this unique moment in the life of our nation to ask our political and social leaders to see to it that the provisions of our Constitution against discrimination on the grounds of colour, race, creed, gender and ethnic origin be truly upheld and that the Equal Opportunities Commission be given all the means to fight related discrimination a the economic and social levels »
« This will help Mauritius build its capacity to face the challenges I mentioned earlier and enhance the resourcefulness of its people to live together in harmony, justice and mutual respect. Let us not be content with words. Let us do our utmost to see that these ideals are indeed put into practice. The growing strains caused by ethnic fragmentation on our society are too great for us to continue ignoring them. Time has come not just to say what is right but to do what is right. There is a real need for us all to work for a major change in mindset and behavior. »