« Le Jour du Souvenir est l’occasion de réveiller les graines de paix et de justice et de les laisser s’épanouir », a déclaré l’évêque de Maurice, Mgr Ian Ernest, hier, à la Cathédrale Saint-James. Face aux dirigeants politiques présents à cette célébration, dont le président de la République Kailash Purryag, le Premier ministre Navin Ramgoolam et le leader de l’Opposition Paul Bérenger, le chef de l’Église anglicane à Maurice a souligné les « doutes » qui perdurent toujours après le dernier Budget pour nombre de personnes. Il a plaidé pour davantage de justice envers les nécessiteux.
« Nous avons tous envie de nous sentir sécurisés. Nous avons envie de savoir – même si le ministre des Finances nous a rassurés lors de son dernier Budget – si l’économie sera résiliente, si les mesures prises aideront nos industries à prospérer et si les mesures sociales apporteront des fruits durables », devait élaborer l’évêque anglican hier après avoir décrit au début de son intervention l’importance de la mémoire et l’intérêt du Jour du Souvenir.
La mémoire, selon l’évêque de Maurice, définit ce que nous sommes et si la mémoire disparaît, comme dans le cas des malades d’Alzheimer, « le “moi” disparaît avec ». La mémoire, ajoute Mgr Ernest, aide par ailleurs à définir ce que sont des communautés, groupes et nations. Cela implique de comprendre les expériences des autres. Il s’agit de l’Histoire. Le Jour du Souvenir nous rappelle ainsi une partie de notre Histoire.
Que nous apporte cette commémoration, devait interroger Ian Ernest. Avant d’émettre l’avis que ce jour « nous donne l’occasion de laisser s’épanouir les graines de paix et de justice. Se souvenir n’est pas simplement garder la mémoire d’un passé statique. Il s’agit davantage d’une relation avec l’Histoire qui a toujours le potentiel de nous transformer. Nous pouvons apprendre de ce passé ». Cette commémoration, selon Mgr Ernest, nous permet de nous focaliser sur la paix. Toutefois, devait-il observer, « nous avons vidé la notion de paix de bien de ses pouvoirs. Nous l’avons réduite à la seule notion d’absence de guerre. Nous avons fait de cette notions un simple souhait. Or, la paix n’est pas quelque chose que nous devrions simplement souhaiter. Nous devons y travailler. Cette paix peut prendre la forme de la justice dans notre monde ».
Le Jour du Souvenir, devait poursuivre l’évêque de Maurice, « nous permet de porter devant Dieu les souffrances de ceux qui ont été tués dans la Guerre mais aussi celles de ceux qui vivent au quotidien dans des situations d’injustice et de conflit ». Cette commémoration nous rappelle d’autre part, selon Mgr Ernest, qu’une « décision politique peut résulter en une destruction massive et des pertes de vie ». Il devait citer l’exemple de la guerre en Iraq, de l’instabilité sociale en Afghanistan, entre autres.
Revenant à Maurice, Ian Ernest a soutenu qu’il y existe des communautés de nécessiteux qui ont soif de reconnaissance et de justice. « We have seen the emergence of a “commercial” and “secular” culture. This type of development can lead to a few people getting richer, not simply at the same time as the poor getting poorer but even at the expense of the poor. »