Le ministère de la Santé va recruter cinq spécialistes du diabète qui seront postés dans les cinq hôpitaux régionaux du pays, a déclaré le ministre de tutelle lors du lancement d’un CD par le Diabetes Parent Support Group ce matin à Port-Louis.
Lormus Bundhoo a également annoncé la création d’un institut de formation pour les médecins et infirmiers travaillant avec les patients diabétiques.
« Mais encore faut-il qu’il y ait des spécialistes du diabète dans le pays », a lancé le ministre de la Santé. Lormus Bundhoo a indiqué que 25 Nursing Officers sont actuellement en formation au Mauritius Institute of Health (MIH) et que son ministère compte recruter bientôt une soixantaine d’infirmiers qui seront formés en soins accordés aux diabétiques.
Grâce à la campagne agressive de sensibilisation menée au cours des dernières années, a soutenu le ministre, l’on a enregistré une certaine amélioration dans les chiffres officiels concernant les maladies non transmissibles. Selon Lormus Bundhoo, la consommation de tabac diminue, passant de 1 071 cigarettes par tête d’habitant par an à 759. Ce qui est aussi le cas pour les produits alcooliques (de 40,9 litres à 38 litres).
Le nombre de décès lié aux maladies cardiaques est passé de 22,8 % en 2005 à 17 % en 2011 ; celui des amputations liées au diabète de 292 en 2010 à 284 en 2011. Le nombre de cas de dialyse se stabilise autour des 900 annuellement et le pourcentage de Mauriciens qui pratiquent des activités sportives régulièrement est en hausse.
Le ministre a aussi évoqué d’autres chiffres : le taux de personnes en surpoids a régressé de 32,9 % en 2004 à 31,6 % en 2012 ; l’obésité de 22,9 % en 2004 à 17,65 % en 2012 et le nombre d’enfants qui consomme des fruits est en hausse. Lormus Bundhoo s’est dit optimiste quant aux efforts faits dans le pays pour lutter contre le diabète.
« Au moins le nombre de cas n’augmente pas. Ce qui est une bonne chose mais nous devons revoir notre stratégie par rapport aux 23 % de Mauriciens qui souffrent de cette maladie », a dit le ministre, avant d’estimer que le diabète n’est pas une fatalité. « Si l’on sensibilise les gens correctement, ils vont pouvoir mener une vie normale, surtout qu’avec la population vieillissante qui fait augmenter le nombre de cas de personnes souffrant de cette maladie. »
Rani Balloo, animatrice du Diabetes Support Group, met quant à elle en garde la population contre le diabète qui prend de plus en plus d’ampleur à Maurice. Auparavant, seuls les adultes étaient touchés par le diabète de type 2, aujourd’hui de plus en plus en souffrent aussi à cause de la malbouffe.
« Voulez-vous que votre enfant de cinq ans souffre d’une cirrhose de foie, de cholestérol et que les artères de son coeur se bouchent ? Devons-nous laisser l’industrie de la consommation hijack la santé de nos enfants et de nos familles ? » a-t-elle lancé aux parents. Et de conclure : « Le gouvernement a déclaré avoir réussi à réduire le taux de personnes atteintes du VIH parmi la population. Nous lui demandons de venir nous dire qu’il va éradiquer le diabète parmi les enfants d’ici cinq ans. C’est le défi que je lance au ministre de la Santé, ici présent. »