Une rupture des ligaments croisés lui a fait manquer les 9es Jeux des Iles de l’océan Indien à La Réunion et les Championnats du monde du Kazakhstan. Affectée, la judokate rodriguaise Christiane Legentil, 16e mondiale dans la catégorie des moins de 52 kg avant sa blessure, n’a cependant jamais baissé les bras. Grâce au soutien de sa famille et de son entourage, elle remonte la pente. Mais il n’est surtout pas question de brûler les étapes. « Je retournerai à la compétition quand je serai prête à 100%. Je tiens à ma santé d’abord, car il n’est pas évident de revenir d’une telle blessure « , a-t-elle confié à Week-End.
De retour d’Allemagne, c’est dans son île natale que Christiane Legentil est partie se ressourcer pour deux semaines avant de rentrer à Maurice pour poursuivre sa rééducation. Déjà dans la voix de la judokate, on la sent joyeuse.  » Je suis très contente de retrouver mon île, ma famille, mes amis et tous ces gens qui m’aiment. C’est une joie indescriptible de se retrouver dans cet environnement qui m’est très cher « , a-t-elle souligné.
Sa force : c’est de n’avoir jamais abandonné. Christiane Legentil dira d’ailleurs sa chance d’avoir pu compter sur sa famille et d’autres personnes qui lui sont chères, comme les entraîneurs rodriguais Antonio Félicité, Eddy André et Jean-Paul Azie. Elle est aussi reconnaissante envers le Trust Fund for Excellence in Sports, dont Michael Glover en particulier, le ministère de la Jeunesse et des Sports, la Commission des Sports et le commissaire Ismaël Valimamode, la Fédération internationale de Judo, la Fédération mauricienne de Judo et le directeur technique national, l’Allemand Florian Velichi, qui l’a accueillie chez lui pendant son séjour en Allemagne après l’intervention chirurgicale.
Pour Christiane Legentil, il était très important de se sentir entourée pendant ces moments difficiles.  » Après ma blessure pendant une séance d’entraînement, j’étais découragée. Mais grâce au soutien infaillible de ma famille, j’ai repris confiance. Les entraîneurs à Rodrigues m’ont fait comprendre que ce n’était pas la fin du monde et que je devais rebondir, que j’avais le courage et la détermination pour le faire. Après deux semaines, j’étais déjà en mode de combat pour retrouver ma santé. Je veux rester positive. Je me dis d’ailleurs que c’est peut être un mal pour un bien et qu’à l’avenir, je ferai encore mieux et je gravirai des échelons encore plus importants « , a-t-elle expliqué. Le plus important, a-t-elle ajouté, était d’y croire et elle a cru.  » On peut avoir tout le soutien du monde, mais si on n’a pas la foi en Dieu, on n’est rien. J’y ai cru et je crois toujours en Dieu. J’ai beaucoup prié pour qu’il m’aide et il m’a aidée. Je le remercie pour tout « , a-t-elle fait ressortir avec beaucoup de ferveur.
« Ma santé compte beaucoup pour moi »
Pendant son séjour à Rodrigues, Christiane Legentil en a profité pour poursuivre sa rééducation avec des séances vélo et de musculation, tout cela sous l’oeil expert d’Antonio Félicité, l’ancien judoka qui a fait honneur au pays en maintes occasions sur le plan international. Aujourd’hui Christiane Legentil respire et est très forte dans sa tête. Pas question toutefois de brusquer les choses. Car elle ne veut pas revivre le cauchemar enduré pendant la blessure.  » Ne pas pouvoir marcher pendant des semaines a été un calvaire pour quelqu’une qui aime bouger. Réapprendre à marcher comme un enfant m’a beaucoup marqué. Mais je n’ai jamais baissé les bras. C’est la raison pour laquelle je dis que je prendrai le temps qu’il faudra. Ma santé compte beaucoup pour moi, elle est très importante « , a-t-elle fait part.
Les deux semaines de rêve écoulées, Christiane Legentil a rallié Maurice hier pour poursuivre sa rééducation.Le Chief Executive Officer du TFES, Michael Glover la guidera vers un physiothérapeute. Pour Christiane Legentil, le pire est maintenant derrière elle. L’important est maintenant de regarder vers l’avenir, notamment vers les Jeux olympiques de 2016 à Rio au Brésil. Mais avant de venir à Maurice, elle a tenu à rendre visite aux enfants autrement capables, jeudi au gymnase de Malabar. Ces derniers suivaient leurs entraînements sous la direction d’Antonio Félicité.  » C’était un moment particulier, voire magique. Je considère ces enfants comme mes petits frères et soeurs. Ils méritent beaucoup de respect et la même considération que nous. Je salue aussi Antonio (Félicité) et toute son équipe pour ce très beau geste envers ces enfants et leurs familles « , a-t-elle conclu.