Le magistrat Denis Mootoo, siégeant en cour criminelle intermédiaire, a accordé le bénéfice du doute à l’avoué Yogesh Bissessur. Ce dernier a été traduit en cour pour répondre à l’accusation d’avoir commandité l’agression d’une femme. L’acte d’accusation se lisait comme suit : « Giving instructions to commit a crime (to wit, assault with premeditation). »
Yogesh Bissessur aurait donné des instructions à Antoine Chetty en 2000 dans les locaux de l’immeuble Pearl House pour agresser une femme. La poursuite a présenté comme suit les éléments du dossier d’accusation. Antoine Chetty travaillait au moment des faits pour le compte du notaire Vinay Deelchand, dont l’étude se trouve à Pearl House Building. L’accusé avait l’habitude de s’y rendre.
Selon les dires d’Antoine Chetty, Yogesh Bissessur lui aurait confié qu’il avait des problèmes conjugaux et que la victime de l’agression était une amie de son épouse. Toujours selon le dossier de l’accusation, l’accusé aurait confié à Antoine Chetty que l’amie en question prenait fait et cause pour sa femme et lui prodiguait des conseils, ce qui lui aurait déplu.
L’accusé aurait demandé à Antoine Chetty d’agresser la femme en lui donnant tous les détails de ses coordonnées, notamment son adresse résidentielle et celle de son lieu de travail, ses horaires de déplacement, les lieux qu’elle avait l’habitude de fréquenter, etc.
Toutefois ce ne serait pas le dénommé Antoine Chetty qui aurait commis l’acte. Il aurait confié à quelqu’un de faire le boulot, en prenant le soin de rapporter une mèche de cheveux de la femme, comme preuve à fournir au commanditaire selon laquelle le travail a été fait.
L’agression de la femme a été rapportée au poste de police de Quatre-Bornes. Le présumé agresseur n’a pu déposer lors du procès, étant donné qu’entre-temps, il est décédé. Pour le magistrat, la poursuite n’a pu prouver qu’il y a eu une « assault with premeditation with any certainty ».
« Even if the Court infers that Miss Mohur had been assaulted with premeditation, the evidence of M. Chetty does not inspire any confidence that the accused gave instructions to carry it out », poursuit le magistrat. Lui qui a bénéficié de l’immunité dans le cadre de cette enquête, il a été hésitant à déposer en Cour, demandant constamment que sa mémoire puisse être rafraîchie. « His request was turned down because his statement did not satisfy the test of contemporaneity », ajoute M. Mootoo. À un certain moment, il a même été inconsistent sur l’identité de la personne à qui il aurait confié le boulot. Candidement, il a admis qu’il a menti sous serment dans un procès au criminel.
Le magistrat conclut qu’en de telles circonstances, « the evidence of M. Chetty is not satisfactory on its own and it would not be appropriate to rely solely on his evidence to make a finding as to criminal liability ».