Le kick-boxing mauricien avait un défi intéressant à relever avec la tenue de la première édition de la Nations Cup. Pari réussi dans le sens où l’organisation a été à la hauteur, avec notamment un nombreux public qui a su donner de la voix samedi dernier au centre national de tennis de table à Beau-Bassin, des combats de bonne facture et des bénévoles qui ont été à la hauteur de leur tâche. Ce qui pousse les dirigeants de la Fédération mauricienne de kick-boxing et disciplines assimilées (FMKBDA) à voir plus grand en vue de la prochaine édition, avec le secret espoir d’accueillir une sélection russe, par exemple.
Isabelle Jeannot, présidente de la FMKBDA depuis quelques mois déjà, fait montre d’une énorme satisfaction. « Certes, nous n’avions que deux mois pour préparer cette compétition et nous avons été quelque peu bousculés. Néanmoins, malgré les moyens du bord, nous avons pu réussir dans notre tâche. Avec le soutien des commanditaires, dont le ministère du Tourisme, et l’aide des membres de la fédération, nous avons travaillé comme une équipe soudée. Au bout du compte, les résultats obtenus par nos tireurs nous ont apporté beaucoup de bonheur ».
De ce fait, il s’agira de ne pas s’arrêter en si bon chemin. « Cette expérience a été profitable et, déjà, un certain intérêt a été démontré pour une prochaine organisation. Toutefois, nous devrons envisager une infrastructure beaucoup plus appropriée, tout en lançant des invitations bien à l’avance », soutient Isabelle Jeannot. Cette dernière se trouve également en présence d’une invitation pour une participation à l’Open de Turquie l’année prochaine.
Outre la consécration de la sélection mauricienne au classement final, cette première édition de la Nations Cup a surtout été marquée par la présence de Salim Kayici, président par intérim de la World Association of kick-boxing Organisation (WAKO). Celui qui demeure le favori pour accéder à la présidence en décembre prochain rejoint la présidente de la FMKBDA dans ses propos.
« C’est vrai que l’organisation a été à la hauteur. Maurice possède le potentiel voulu tant au niveau organisationnel que celui de ses tireurs. L’avenir de cette discipline est prometteur dans votre île, d’autant que vous pouvez aspirer à des podiums lors des prochains championnats du monde ». Reste que Salim Kayici avance d’autres projets, dont ceux de développer le kick-boxing en Afrique et d’avoir la reconnaissance du Comité international olympique.
Toutefois, la présence de cet éminent dirigeant n’a en aucune façon ému les personnalités du sport mauricien. Pourtant invités, ni le ministre de la Jeunesse et des Sports ni aucun des hauts cadres de ce ministère n’ont cru bon de marquer cet événement de leur présence. Seul le Deputy Prime minister et ministre du Tourisme, Xavier Luc Duval, a sauvé la face. Pourtant, les tireurs mauriciens ont  fait honneur au pays. « Nous avons été les seuls à pouvoir vaincre les Turcs au niveau masculin », avoue fièrement l’entraîneur national, Judex Jeannot.
Au niveau individuel, ce dernier soutient que ses protégés se sont bien tirés d’affaire. « Burtlan Simiss a démontré d’énormes progrès, alors que James Agathe, blessé à la cheville, avait comme consigne de terminer au plus vite. Par contre, Fabrice Bauluck, qui affrontait un adversaire de catégorie supérieure et qui avait un problème à l’oeil gauche, a eu un combat difficile. Il a finalement fait la différence aux poings. De son côté, Boris Brissonnette m’a étonné et a suivi les consignes, alors que William Bouton a confirmé et que Cédric Dinally a réussi un meilleur combat que celui réalisé à Madagascar ». De bon augure donc à l’approche des championnats du monde.
En attendant, il existe des possibilités que quelques tireurs mauriciens soient en action à un tournoi international prévu à La Réunion le 21 août. « Ces échanges demeurent intéressants. Les Malgaches, Mauriciens et Sud-Africains ont été invités », souligne Bernard Sautron, président de la ligue réunionnaise.
Toutefois, ce dernier souligne que le seul bémol de samedi dernier a été l’arbitrage. Ce que retient également Briand, président de la Fédération malgache et de la zone 4. « Au moins deux verdicts ont prêté à controverse. Nous ne pouvons nous permettre de telles erreurs, surtout en présence du président par intérim de la WAKO ».
À l’issue de la compétition, le Sud-Africain Shaune Moorcroft, de par son expérience au niveau de l’arbitrage, a mis les juges-arbitres devant leurs responsabilités. Il s’agira donc de rectifier le tir en attendant une deuxième édition encore plus grandiose.