La délégation de six tireurs de la Fédération mauricienne de Kick-Boxing et des Disciplines Assimilées (FMKBDA) est rentrée de la Hongrie, lors de la semaine écoulée, après avoir participé à la Coupe du monde de la World Association of Kick-Boxing Organization en Hongrie. Une compétition au cours de laquelle Fabrice Bauluck (-54 kg) et James Agathe (-81 kg) ont ramené chacun leur cinquième médaille d’or. Jessica Jocelyn (-52 kg) et les juniors Stania Rathbone (-52 kg) et Warren Robertson (-54 kg) ont eux décroché le bronze, alors que Brian Jameer (-71 kg) a été éliminé au premier tour. Des débuts difficiles à la perfection, l’entraîneur national Judex Jeannot raconte l’exceptionnel palmarès de ses protégés en 17 ans de participation.
Au total, la République de Maurice a récolté, grâce aux tireurs de la FMKBDA, un total de 14 médailles d’or, dont trois chez les juniors, à la Coupe du monde de la WAKO. Hormis les dix médailles d’or de Fabrice Bauluck et James Agathe, Burtland Simisse avait remporté l’or en 2013 chez les seniors de moins de 51 kg. Il faut cependant reconnaître que le parcours a été parsemé d’embûches pour les dirigeants de cette fédération, aussi bien que pour les entraîneurs et tireurs. Judex Jeannot s’en souvient comme si c’était hier. « Notre première participation remonte à 2010 et c’est James Agathe qui nous avait offert notre toute première médaille d’or à cette Coupe du monde. Mais que cela fut dur pour nous faire un nom au niveau mondial. Non pas seulement par la qualité et le niveau de la compétition, mais aussi en raison des conditions dans lesquelles nous évoluions à Maurice. C’est donc exceptionnel d’avoir aujourd’hui autant de médailles d’or à cette compétition dont les dix de Fabrice et de James », a-t-il fait remarquer.
Conditions difficiles au départ
En effet, à ses débuts la FMKBDA a eu à faire face à beaucoup de barrières pour avancer dont l’étiquette de la fameuse « discipline non-olympique ». Sans compter que cette fédération percevait, à ses débuts un budget de quelques… Rs 100 000. « Il a fallu faire avec, mais notre force aura toujours été de ne jamais baisser les bras. Je le dis d’ailleurs souvent que c’est notre détermination, notre envie et notre sérieux qui nous a permis d’aller de l’avant », a-t-il fait ressortir.
Même si les souvenirs ne sont pas tous présents dans sa tête, Judex Jeannot se souvient tout de même des conditions dans lesquelles les tireurs étaient appelés à s’entraîner. « Nous n’avions pas de salle d’entraînement à nous à l’époque et c’est au centre Eddy Norton, à Rose-Hill, que nous nous entraînions à la raison de deux fois par semaine. Les autres jours, on allait dans les clubs. Je me souviens de la période où ce centre était en rénovation et dans ce grand chantier, on déblayait un coin avec toute la poussière pour pouvoir s’entraîner. Pour les entraînements sur piste, on optait pour les terrains de football à Rose-Hill, Beau-Bassin et Vacoas. Quand les terrains n’étaient pas disponibles, on courrait de Rose-Hill pour aller à Flic-en-Flac », se remémore-t-il.  
Désormais mieux considérée
Malgré les conditions difficiles, a ajouté Judex Jeannot, « les boxeurs étaient toujours présents pour s’entraîner. Il n’y avait pas de grincements de dents, mais beaucoup de joie pour se retrouver entre amis et s’adonner à sa passion. C’est un peu ça l’historique de notre discipline. Ces difficultés nous ont rendus encore plus fort psychologiquement. » Et si le kick-boxing a encore brillé lors de la Coupe du monde en Hongrie, Judex Jeannot avance que c’est grâce aux performances et « au soutien de la presse écrite ». « Même ceux qui ne croyaient pas en nous ont fini par reconnaître le sérieux de notre fédération. Sans compter qu’on était tout le temps à se batailler pour nos droits, à ‘ mendier ‘ pour notre dû et être même boycotter par moment. Aujourd’hui, nous sommes mieux considérés par le ministère de la Jeunesse et des Sports que nous remercions. Merci aussi à notre desk officer, Vanina Cadressen, qui malgré un début laborieux sur notre dossier, nous a ensuite accordé toute l’attention nécessaire », a-t-il indiqué.
Pour conclure, Judex Jeannot a indiqué que les tireurs ne comptent nullement s’arrêter en si bon chemin. « Si nous avons aujourd’hui atteint un certain niveau, c’est parce que nous visions toujours plus haut en ambitionnant de côtoyer les meilleurs. Nous avons toujours foncé et cru en nos qualités », a-t-il expliqué. Cela fait que le kick-boxing est désormais mieux considéré aujourd’hui. « En 2004, je disais à Fabrice, après son titre de champion du monde, que s’il ne confirme pas, il n’est pas un grand champion. Deux ans plus tard, il confirmait. C’est notre philosophie pour avancer », a-t-il souligné.