Cela est devenu comme un rituel. Une délégation mauricienne de kick-boxing qui aborde une compétition internationale et qui ne revient jamais au pays les mains vides. À l’arrivée, l’accueil des proches, amis, représentants du ministère de la Jeunesse et des Sports et dirigeants de la fédération. Cela a de nouveau été le cas hier après-midi au retour de ceux qui ont brillé lors de la troisième édition des championnats d’Afrique à Madagascar. Une moisson qui se chiffre cette fois à deux médailles d’or, deux d’argent et trois de bronze.
Certes, cette fois, pas de banderoles et pas d’ambiance festive. La satisfaction de revoir les siens a prédominé. Les premiers à quitter l’aérogare ont été Fabrice Bauluck et Facson Perrine, soit les deux tireurs qui ont maintenu leur suprématie dans les catégories -54 kg et -63,5 kg respectivement.
Un geste symbolique : Perrine qui glisse sa médaille d’or au cou de Jérémie Rousseau, président de la Fédération mauricienne de kick-boxing et disciplines assimilées (FMKBDA) et qui offre son trophée à Sanju Bhikoo, secrétaire de cet organisme. Somme toute un signe de reconnaissance pour ces deux dirigeants qui ont toujours cru en lui. Lui qui revient cette fois au pays la tête haute, après s’être rebiffé de brillante façon suite à son échec d’entrée lors de la Coupe du Monde. Fabrice Bauluck est de son côté tout heureux de retrouver son épouse et son fils.
Guirlandes pour tous les médaillés, mais déjà le regard rivé vers les prochains championnats du monde prévus au Brésil l’année prochaine pour les deux lauréats. Cette fois, l’objectif sera plus que jamais la consécration. D’ailleurs, le comportement de Fabrice Bauluck et Facson Perrine est mis en exergue par Karl Prosper, qui avait agi comme assistant de l’entraîneur national, Judex Jeannot, au Palais des Sports de Mahamashima. « Ils ont été à la hauteur des attentes placées en eux lors de cette compétition d’un très bon niveau. Leur consécration fait certainement plaisir. »
Une pointe de regret tout de même avec la défaite injuste de Burtland Simisss en demi-finales et la blessure d’Angelo Thomas au tout début de la finale de la catégorie -60 kg. « Ils ont néanmoins acquis une certaine expérience. Ils pourront aspirer à mieux la prochaine fois », estime Karl Prosper.
Arbitrage mauricien à l’honneur
Angelo Thomas n’a donc pu s’exprimer dans cette finale, ayant subi une déchirure des ligaments après quelques secondes d’engagement face au Malgache Anigael Gastron. Rien de sérieux n’a été décelé à l’issue des examens effectués à l’hôpital, mais le concerné arrive difficilement à cacher sa déception. « J’aurais définitivement pu tenir les trois rounds, d’autant que j’avais connu une préparation adéquate. Néanmoins, ce contre-coup est loin de me décourager. Je serais encore plus performant au cours de la prochaine édition. »
L’autre médaillé d’argent qu’est Fanfan Nagamah a pu de son côté disputer son combat jusqu’au bout. Toutefois, le Tunisien Hadia Ward lui était supérieur. « Ce tireur pratique cette discipline depuis l’âge de trois ans. Il était donc beaucoup plus expérimenté que moi. Tout de même, je me suis donné à fond, même si j’ai été handicapé par une blessure au nez subie lors de la demi-finale face au Malgache Faray », signale-t-il.
Pour Fanfan Nagamah et ses autres coéquipiers que sont Didier Dalon, Burtland Simiss et Boris Brissonnette, ce périple continental aura été une occasion de gagner en expérience et maturité, et d’affûter leurs armes en vue d’autres rendez-vous internationaux. D’ailleurs, la zone 4 d’Afrique dans laquelle se trouve Maurice se veut encore plus active.
Comme le confirme Rajesh Lutchmun, secrétaire de cette zone. « Au cours de la réunion de la Confédération africaine, nous avons pris la décision de réorganiser les différentes zones et d’y tenir des tournois l’année prochaine. Un comité a été institué pour essayer de lancer l’African Professionnal kick-boxing Organisation, avec accent sur les ceintures ».
Si la prestation des tireurs mauriciens mérite d’être saluée, il en est de même pour l’arbitrage mauricien. Steeves Isbester, qui avait effectué à ses propres frais, a obtenu le rating B et peut désormais aspirer au niveau A qui lui garantira une gold-card. Lui qui avait arbitré trois finales et jugé quinze combats lors de cette compétition continentale.
« Cette expérience restera gravée dans ma mémoire et je peux avancer que l’arbitrage mauricien n’a rien à envier au niveau mondial. Aux championnats du monde low-kick en Turquie l’année prochaine, j’espère décrocher cette gold-card », avance Steeves Isbester.
Autant de confiance et d’optimisme tant au niveau de la compétition et de l’arbitrage. Ce qui pousse donc à croire que le kick-boxing mauricien peut aspirer à d’autres sommets et à d’autres retours cette fois plus chaleureux.