Les représentants des pays membres de la Commission de l’océan Indien participent depuis ce matin à un atelier de travail de deux jours consacré à la connectivité maritime dans la région. L’objectif de cet exercice : valider la mise en place d’un système régional de cabotage maritime dans la région du sud-ouest de l’océan Indien et élaborer une feuille de route.
Les experts qui ont travaillé pendant près d’une année sur l’étude de faisabilité pour l’amélioration de la connectivité régionale maritime, E. Lock et A. Sadleir, présenteront les conclusions de leurs recherches. Lesquelles se portent sur plusieurs chapitres notamment (1) Économies et services maritimes dans la région de la COI (2) Hubs et configuration de l’itinéraire de cabotage possibles (3) Commerce et trafic actuels et futurs de la région (4) Statuts, performance et coûts d’utilisation des ports de la région de la COI (5) Environnement réglementaire et institutionnel (6) Scénarii de développement, des besoins en infrastructures, financement et PPP des ports maritimes (7) Un service de cabotage régional : faisabilités technique et financière (8) Présentation d’une feuille de route privilégiée.
Situant l’importance de la connectivité maritime régionale à l’ouverture de l’atelier de travail ce matin, Jean Claude de l’Estrac, secrétaire général de la COI, a insisté que pour les pays de l’Indianocéanie, le contrôle de la région, son insertion réussie dans la mondialisation des échanges constituent des défis collectifs à relever. « Aucun pays ne peut à lui seul, tenir la concurrence internationale. À ce titre, la maîtrise des routes maritimes régionales est un prérequis à la dynamisation du commerce entre nos pays de l’indianocéanie d’une part, et le monde d’autre part », a-t-il dit. Le secrétaire général de la COI a observé que la volonté politique existe. Les dirigeants politiques et les opérateurs économiques – que ce soit aux Seychelles, aux Comores, à Madagascar – partagent une vision commune formulée dans la déclaration du 4e sommet des chefs d’État et de gouvernement de la COI en 2014. « À Maurice, c’est au plus haut niveau de l’État que l’intérêt pour ce projet a récemment été réaffirmé », a-t-il dit en faisant référence à l’Economic Vision Statement présenté par le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, le 22 août dernier et dans lequel ce dernier affirme que son gouvernement étudie la proposition de la création d’une regional shipping company formulée par la COI.
Jean Claude de l’Estrac a précisé qu’il n’a jamais été question d’une compagnie maritime régionale dirigée exclusivement par les États. « Le secteur privé doit être partie prenante de ce projet », a-t-il relevé. « L’implication de nos États est nécessaire pour en donner l’impulsion et rassurer les investisseurs privés. Une compagnie maritime régionale n’est pas rentable dans le court terme et nécessitera un engagement financier initial de nos États », a-t-il ajouté.
Le projet d’amélioration de la desserte maritime régionale doit aller de pair avec les projets d’infrastructures. À cet égard, précise Jean Claude de l’Estrac, le 11e Fonds européen de développement (FED) offre une opportunité inédite d’améliorer significativement la desserte maritime régionale et dans le même temps de moderniser, étendre et améliorer l’offre régionale de services portuaires. D’ailleurs, a-t-il poursuivi, la COI a inscrit les ports de Moroni et de Mutsamudu (Comores), de Port-Louis (Maurice) et de Victoria (Seychelles) sur la liste prioritaire des projets d’infrastructures régionales financés par le 11e FED. À Madagascar, les projets d’infrastructures identifiés pour le co-financement européen portent sur le désenclavement des zones productives par la réfection des routes qui les relient aux ports de Diego Suarez et Fort Dauphin.
« La COI a pour ambition de créer un espace économique d’échanges renforcés entre les îles de l’indianocéanie, avec l’Afrique orientale et australe en croissance et plus largement avec le grand océan Indien », a conclu Jean Claude de l’Estrac.