«L’Éducation est la réponse contre l’exclusion. C’est pourquoi nous devons faire en sorte qu’elle soit accessible à tous», a dit le Premier ministre, Navin Ramgoolam, lors de la cérémonie d’ouverture de la 8e édition du Festival Internasional Kreol au Centre de conférence international de Grand-Baie. Occasion pour le chef du gouvernement d’aborder l’introduction prochaine du 9-year schooling, estimant que «beaucoup dimoun pe fer commentaires et  pa pe compran, me CPE ce enn compétition pou bann zenfan lor enn laz trop zenn.» D’où la volonté du gouvernement de «bouz sa compétition la lor Form 3 parski nou pa lé zenfan tomm en dehors system.» Selon le PM, la réussite du pays repose sur la progression de ses habitants. Objectif réalisable avec l’accès pour tous à l’éducation à travers l’éducation gratuite, le transport gratuit et une meilleure intégration des élèves à travers des cours en langue créole, dit-il. Langue qui unit la nation mauricienne et qui, dans le cadre du Festival Internasional Kreol, est mise en avant en même temps que les cultures créoles très présentes dans le monde, souligne le PM.
L’ouverture de la 8e édition du Festival Internasyonal Kreol a réuni, hier, au centre de Conférence de Grand-Baie, un parterre d’invités comprenant, outre le ministre du Tourisme et des Affaires Légales de la République Dominicaine, Ian Douglas, et Navin Ramgoolam au banc d’invités d’honneur, plusieurs députés du gouvernement et autres nominés politiques aussi bien que des membres du public, dont de nombreux enfants. Une occasion que Ian Douglas a saisie pour lancer un appel au renforcement des coopérations entres les populations créoles dans le monde et pour inviter Maurice à participer aux événements entourant la promotion de la culture créole, dont le World Kreol Musical Festivalqui aura lieu l’année prochaine.
De son côté, c’est dans un discours improvisé, ponctué d’anecdotes sur son père et d’autres membres de sa famille ou de ses amis «d’autres communautés», que le PM est revenu sur «la créolité qui représente un monde vaste pas lié uniquement à l’ethnie ou la race, mais englobe une manière de voir et de vivre.» «Cette culture qui est la base même de notre société fait notre richesse», dit Navin Ramgoolam, s’attardant sur l’importance de ce festival créole qui se tient chaque année et vise au partage de connaissances et à la consolidation des relations entre les peuples créoles. Peuples avec, toutefois, ses différences et ses valeurs propres mais dont l’histoire doit être rappelée.
Abordant ce qui fait l’unicité de Maurice: notre population multi-culturelle, moteur de nos différences et de notre personnalité, le chef du gouvernement souligne que «l’évolution de Maurice, ces dernières années, en matière de la créolité, tant au niveau de la langue, de la culture que de l’art, est impressionnante.» «La langue kreol est ce que nous avons tous en commun, et nous sommes fiers de sa reconnaissance comme langue officielle et de son intégration dans l’enseignement à l’école», dit-il. Le PM reviendra, à la fin de son discours, sur le sujet, faisant ressortir que «pena pli grand kiksoz ki nou finn fer dans pei ki l’éducation gratuite. Ce seki pe permett nou alle kot nou pe aller.»Et de rappeler également les raisons derrière le transport gratuit pour les étudiants. «Nou le sir ki l’accès à l’éducation li pour tous», ajoutant que«kan ou juger, ou bizin juge politik ki enn gouvernement pe fer.»
«Pa empess zenfan progressé »
C’est ainsi que Navin Ramgoolam aborde le projet de 9-year schoolingque «de nombreuses personnes ne comprennent pas aujourd’hui.»«Beaucoup dimoun pe fer commentaires me CPE ce trop enn compétition pou bann zenfan lor enn laz trop zenn», dit-il, plaidant pour un système à travers lequel «nou pa empess zenfan progressé.»Selon lui,«zordi, trop boucou zenfant pe fail CPE. Nou pa lé zenfan tomm en dehors system. Dan Form 3, li pli gran, li pli compran. Sa mem nou pou bouz competition la pou Form 3.»Et de faire ressortir qu’intégration pour tous signifie aussi qualité pour tous. D’où la volonté du gouvernement de revoir également la Pre-school. «Fodé depi so pli jeune âge zenfan la intégré. Sa meme nou pou mett l’importance lor Pre-school parski si enn zenfan perdi dans préscolaire, li pa pou kapav suiv», dit le PM, soulignant que l’objectif du 9-year schoolingest d’aider les enfants à surmonter les obstacles dès leur plus jeune âge. Cependant, concède Navin Ramgoolam, «nou finn peut-être pas bien explique le 9-year schooling.»
Le PM félicite l’initiative du projet National Institute for Civic Education(NICE) visant à apporter le sens de la discipline, du patriotisme et du respect aux jeunes participants. Face au «succès formidable» de ce projet, le gouvernement veut l’étendre à davantage de jeunes, dit Navin Ramgoolam. Dans le même élan, un peu plus tôt dans son discours, il avait salué tous ceux qui contribuent à la valorisation de la culture créole et au rappel de notre histoire.
Et de revenir sur les efforts de son gouvernement pour mettre en place des structures qui permettent la mise en avant de notre culture, dont l’instauration du Morne et de l’Aapravasi Ghat au Patrimoine mondial de l’UNESCO, ainsi que la mise sur pied de la Commission Justice et Vérité, avec l’appui de Sylvio Michel et de son frère. «Cette commission, ce n’est pas pour pointer du doigt mais pour pouvoir refermer la plaie.Pourquoi ne pas compenser les descendants d’esclaves? Si cela a été fait pour les victimes de l’Holaucauste, on devrait pouvoir le faire pour les descendants d’esclaves», dit-il. Et comme une mise en garde, de lancer à l’assistance: «Kan ou zizé, ou bizin ziz enn dimounn individuellement, lor so manière, lor seki li fer. Pa mett tout dimoun dans enn sel panier.»
S’ouvrir aux cultures
S’adressant aux chefs religieux présents, Navin Ramgoolam appelle chaque Mauricien à s’enrichir de chaque communauté qui l’entoure, invitant à «l’ouverture aux cultures.»Il aborde l’instauration de la loi sur l’égalité des chances. Loi dont l’idée découle de lui et ensuite des discussions qu’il a eues avec le ministre des Finances, Xavier Duval, précise-t-il. Et de faire encore une fois ressortir l’importance de l’introduction du créole dans l’enseignement. Interrogé à l’issue de la cérémonie par un journaliste étranger, il confie qu’au départ, il était totalement contre l’idée de l’introduction de la langue créole à l’école. À cette époque, dit-il, il croyait fermement que les petits écoliers seraient désavantagés.«Mais finalement, les personnes de mon entourage sont parvenues à me convaincre et j’ai compris la raison pour laquelle il faut introduire le kreol à l’école», avoue le PM.