Lors d’une rencontre samedi dernier avec les personnes âgées du Diocèse anglican, Mgr Ian Ernest a souhaité que tous ceux ayant franchi le cap de la soixantaine continuent à participer aux activités dans les différentes sphères de la vie de manière à ce que le pays profite de leur expérience et de leur savoir-faire. L’évêque de Maurice et archevêque de l’océan Indien ne veut pas que la vie de nos aînés soit cloisonnée aux clubs de troisième âge mais insiste sur les relations intergénérationnelles. Mgr Ernest a confié au Mauricien qu’il en parlera dans sa prochaine lettre pastorale qui sera consacrée à la famille.
Un grand nombre de personnes âgées étaient présentes à ce rendez-vous à la Bishop House à Phoenix, une initiative du Département du Mariage et de la Famille du Diocèse anglican organisée pour la première fois. L’évêque de Maurice les a appelés en ce début d’année pour leur dire combien leur apport est nécessaire « pour mener à bien la mission que Dieu a confiée à son église » mais aussi aux différents domaines de la vie sociale du pays. Pour l’évêque de Maurice, ce n’est pas parce qu’une personne est arrivée à l’âge de la retraite qu’elle doit être exclue ou s’exclure elle-même des activités de la vie religieuse et sociale ni qu’elle doit se cantonner à la vie des clubs de troisième âge. « Très souvent malheureusement à cause de cette étape de vie qu’est la vieillesse, nous nous sentons méprisés, ignorés ou esseulés mais cette perception n’est pas vraie. Nous voulons aujourd’hui vous assurer que votre engagement au sein de l’Église nous est très précieux », a dit Mgr Ernest. Ce dernier se réfère aux textes bibliques pour soutenir que la vieillesse est « une bénédiction divine ». « Cet âge que je qualifie comme l’âge d’or est accompagné d’une croissance de la sagesse et d’une capacité de discernement », dit l’évêque de Maurice.
Ce rassemblement de samedi avait aussi un autre objectif pour les organisateurs : permettre à la génération présente, adultes, jeunes et enfants, de « puiser son inspiration, son courage, sa force, sa détermination, et sa joie de vivre » de l’expérience de vie des aînés et de leur sagesse acquise au fil des ans. On a relevé aussi l’insistance de Mgr Ernest dans son intervention sur l’importance des relations intergénérationnelles. À ce sujet, l’évêque de Maurice dit avoir demandé au Département de la Famille du Diocèse d’élaborer une politique cohérente et intégrée pour favoriser une entente intergénérationnelle et qui donnera aussi l’occasion à chaque groupe de s’engager pleinement. « Nous ne voulons pas de club de troisième âge mais bien une présence continue, participative de nos aînés », a insisté Mgr Ernest. Ce dernier suggère que cette politique tourne autour de trois axes : 1) les activités religieuses/spirituelles, 2) les activités sociales et 3) le service auprès des démunis de la société.
Mgr Ernest a lancé un appel aux personnes présentes pour qu’elles soient parties prenantes des activités que proposera ce Département de la Famille. Et de citer une publication du British Medical Journal pour dire les bienfaits des activités sociales et productives qui sont entreprises dans les « dernières étapes de la vie » d’une personne. « Participer vous permet de maintenir une maîtrise de soi ».
Par ailleurs, l’évêque de Maurice est plongé dans la préparation de sa lettre pastorale pour le prochain carême chrétien qui débute le mercredi 13 février, soit dans moins d’un mois. « Cette lettre sera consacrée à la famille. Je compte reprendre certaines des réflexions que j’ai lancées pendant mon intervention lors de cette rencontre de samedi et qui ont trait par exemple aux relations intergénérationnelles. Cela est très important », a déclaré Mgr Ernest au Mauricien.