La coalition Aret Kokin Nu Laplaz (AKNL) a adressé une lettre individuellement au Premier ministre ainsi qu’à tous les ministres et parlementaires pour réclamer l’institution d’une Commission d’enquête sur les circonstances entourant le projet de construction de Le Chaland Resort Hotel, à La Cambuse, par le groupe Currimjee Jeewanjee. Yan Hookoomsing, porte-parole d’AKNL, a relevé hier plusieurs zones d’ombre dans ce dossier, notamment concernant les omissions de facteurs environnementaux dans des rapports et la non-considération des ministères de l’Environnement et de la Pêche face à ces manquements.
Des « circonstances troublantes » entourent le projet de construction de Le Chaland Resort Hotel, à La Cambuse. C’est ce qu’a déclaré hier Yan Hookoomsing, porte-parole d’AKNL, lors d’une rencontre avec la presse. L’intervenant note d’abord que 1,5 arpent de la plage publique de La Cambuse est passé du statut de « Public Beach » à celui de « State Land » dans le cadre du relogement de la National Coast Guard (NCG) pour faire place au projet de Le Chaland Hotel Ltd. Yan Hookoomsing cite à cet effet une notice en date du 5 mai 2014 dans la Government Gazette. « AKNL s’interroge sur ce qu’il adviendra à terme de cette partie de La Cambuse et sur les intentions du gouvernement. Car qui dit “Defence Land” dit aussi zone interdite au public », précise-t-il.
La nouvelle route d’accès à la plage publique de La Cambuse (officiellement ouverte depuis vendredi dernier) est également au centre des préoccupations d’AKNL. « Cette route, construite par le promoteur au coût de Rs 70 millions et longue de 1,2 km, passe à travers une “buffer zone” du cimetière des dodos à Mare-aux-Songes. Alors qu’il suffisait d’aménager la route existante, pittoresque et plus courte, utilisée pendant des années par le public », note l’intervenant. « Est-ce pour préserver l’ancienne route à l’usage exclusif des futurs touristes éventuels de l’hôtel ?? » interroge-t-il.
Par ailleurs, AKNL se demande aussi si le promoteur ne s’est pas rendu passible d’outrage à la cour en ouvrant cette nouvelle route, car celle-ci est présentée comme faisant partie du projet hôtelier. « Or, le promoteur est sous le coup d’un “Stop Order” de l’Environment and Land Use Appeal Tribunal », fait remarquer la coalition. Yan Hookoomsing s’alarme également sur le fait que, selon le secrétariat de la Convention Ramsar, le projet hôtelier des Currimjee met en péril le statut de « Site International Ramsar » du parc marin de Blue-Bay (PMBB), qui se trouve à côté. Le porte-parole explique qu’un journaliste de la BBC, qui enquête sur l’impact du projet hôtelier sur le parc marin, a reçu un e-mail du Dr Ania Grobicki, secrétaire général de la Convention Ramsar. Cette dernière a rappelé au journaliste que le PMBB a été mis sur la liste des « Ramsar Sites with reports of human-induced negative changes having occured, occuring or likely to occur ; the paleontological site is part of the Blue Bay Marine Park Rasmar Site as a buffer zone ».
Selon l’écologiste, le secrétariat Ramsar a déploré que le point focal de la Convention Ramsar à Maurice (Ndlr : le National Parks and Conservation Service du ministère de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire), bien qu’informé de cette menace qui pèse sur le PMBB, ait ignoré jusqu’ici leur conseil pour réclamer une “Ramsar Advisory Mission” à Maurice.