Un baiser déposé sur la paume de la main et soufflé vers la salle : Jean-Claude Gaspard salue son public. C’est la dernière fois. Les larmes qu’il avait tenté de cacher pendant qu’il terminait Enn o-revwar, se enn o-revwar noient son visage crispé par l’émotion. Jean-Claude ne parle plus. “Kit fwa enn zour nwa retrouve”, dit sa chanson. On l’espère. Mais ce soir, le Dhobi de klas, qui de-trwa fwa reve li lor souval, est monté sur scène pour dire “Salam, salam, salam”.
Zoli moman, sa li fini vit malerezman. Cinquante ans sont passés, le coquin a offert au pays quelques-uns de ses textes les plus croustillants et un rythme qui fera danser d’autres générations. Par-delà les lourds préjugés d’une époque où les bon dumonn s’érigeaint en gardiens du savoir-vivre, Jean-Claude Gaspard a su réveiller chez chacun cet instinct primaire qui libère et qui permet aux âmes de virevolter, comme ces jupes de ségatières animées de coups de reins sensuels. “To dir mwa tcholo ?” interroge Denis-Claude dans son tube. Tcholo : Jean-Claude a rendu noble le terme. Tout comme il a mis de l’ambiance dans nos fêtes, génération après génération. Qui n’a jamais pik enn sega sur du Zanklod devrait se dire qu’il est passé à côté de la plaque.