« Il faut lancer les chantiers au plus vite. Time is money », a déclaré hier matin le président comorien, Azali Assoumani, lors de sa rencontre de moins d’une heure avec des opérateurs économiques mauriciens au siège de la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI). Azali Assoumani a exhorté les entrepreneurs locaux à prospecter son pays.
Organisée par la MCCI, cette rencontre constituait également une première pour la Chambre. « C’est la première fois dans son histoire que la MCCI accueille un chef d’État étranger dans ses locaux. Nous sommes très fiers et très honorés de votre présence parmi nous », a déclaré Azim Currimjee, président de la MCCI dans son discours de bienvenue. Azim Currimjee devait souligner que les secteurs privés des deux pays ont consolidé leurs relations d’affaires au fil des ans avec, au niveau institutionnel, une participation des chambres de commerce et d’industrie de Maurice et des Comores au sein de l’union des Chambres de Commerce et d’Industrie de l’océan Indien qui regroupe également celles de Madagascar, de La Réunion et des Seychelles.
Le président comorien a réaffirmé la détermination et la volonté de son gouvernement à renforcer les relations d’affaires avec Maurice et que sa visite est une occasion d’étudier avec les parties concernées les voies et moyens d’un raffermissement des liens économiques. Azali Assoumani a, cependant, fait ressortir que tout développement des échanges doit déboucher sur « une situation gagnant-gagnant » et a promis de tout mettre en oeuvre pour concrétiser les idées de coopération. Il n’a pas manqué de faire remarquer que Maurice dispose d’un cadre entrepreneurial libéral et que du côté des Comores il s’agit également de promouvoir l’entrepreneuriat surtout chez les jeunes.
La délégation d’officiels accompagnant le président Assoumani a indiqué que les Comores ont introduit des réformes dans leur cadre légal régissant les investissements. « Nous pouvons nous enorgueillir d’avoir un des meilleurs cadres d’investissement. Le rapatriement des bénéfices par les investisseurs étrangers est facilité. Il y a un traitement égal pour les entrepreneurs locaux aussi bien que pour ceux de l’étranger », a-t-on annoncé. Par ailleurs, les Comores ont signé un accord avec la Multilateral Investment Guarantee Agency (MIGA), accord qui sécurise les investissements contre divers types de risques.
Maurice, selon la MCCI, exporte pour environ Rs 200 millions de marchandises vers les Comores. Les produits exportés comprennent, entre autres, la farine de blé, les sardines en conserve, les produits alimentaires pour animaux, les savons/détergents et le sucre raffiné.
Hier, des opérateurs présents à la rencontre avec le président comorien ont exprimé leur intérêt à accroître leurs exportations vers ce pays. La compagnie MOROIL veut, par exemple, y exporter l’huile de table. Meadows Feeds Ltd est intéressée à implanter une unité de fabrication d’aliments pour animaux à Moroni.
Le secteur privé mauricien veut bien intensifier ses échanges avec les opérateurs économiques comoriens mais le problème de connectivité aérienne et maritime est jugé épineux.