Anil Gayan l’a clairement dit : estimant que 400 personnes sous méthadone ont voté pour son adversaire Rajesh Bhagwan, il a décidé de supprimer le traitement à la méthadone. Depuis, rien n’est proposé à ceux qui espéraient entrer dans ce programme, les nouveaux traitements annoncés n’étant pas disponibles. Cette situation n’affecte pas uniquement les usagers de drogue, elle plonge aussi leurs proches dans les abîmes du désespoir et de la souffrance.
Deviani dit vivre “enn lavi margoz”. Elle retire une pile de factures non payées de son sac à main pour montrer à quel point elle est endettée. Elle vit au jour le jour : “Trase gramatin pou manze tanto.” Cette veuve n’a pas de quoi se nourrir car elle doit quotidiennement trouver de l’argent pour les consommations de drogues de son fils. Sinon, ce dernier la harcèlera et l’insultera. Quand ses crises de manque le prennent, “il est parfois capable du pire”. La dernière fois, il a mis le feu à ses vêtements dans sa chambre à coucher pour exprimer sa colère. Pour éviter que son fils n’aille voler les voisins, Deviani ne lui refuse rien. Mère et fils sont rejetés par leurs proches. Leurs déboires n’en finissent pas et les problèmes de son fils avec la police et d’autres usagers sont fréquents. Leur vie est faite de souffrances.
Récemment, au lendemain de ses 22 ans, le jeune homme a dit à sa mère qu’il voulait s’en sortir. Happé par la drogue après de mauvaises fréquentations, il voulait devenir le bon fils dont rêve sa mère. Ensemble, ils ont rejoint un centre pour qu’il soit encadré. Mais c’est à ce moment qu’Anil Gayan a décidé d’arrêter le programme de substitution à la méthadone pour les nouveaux venus. Le calvaire de Deviani et de son fils n’en finit pas puisque rien d’autre n’est disponible, malgré les affirmations répétées du ministre de la Santé que les nouveaux traitements seraient pour bientôt.