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153 questions restées sans réponse et le champion est Pravind Jugnauth avec 36.

C’est une opacité organisée qui touche surtout la politique de recrutement dans le public.

Avant même les JIOI, il y en a qui sont déjà champions, mais pour de mauvaises raisons. Pravind Jugnauth est de ceux-là, puisqu’il est toujours le mauvais élève en matière de démocratie parlementaire et qu’il a, à son actif, pas moins de 36 questions que lui ont posées des députés et qui sont toujours sans réponse. Le total de questions sans réponse est de 153.

Et, à ce rythme, il n’est pas dit qu’elles obtiendront des réponses avant la fin du mandat de cette législature et avant les prochaines élections générales. Il semble, par ailleurs, que ce soit une opacité bien organisée au gouvernement sur tout ce qui touche à la politique de recrutement dans les services publics.

Sur les 36 questions qui sont en attente d’une réponse, il y a le financement des partis politiques, le montant de la dette publique, des cas de fraude, le taux de croissance, la couverture par la MBC au caveau du Père Laval et la composition du conseil d’administration de cet organisme, le fonds souverain mauricien, les projets de la National Development Authority, le recrutement des conseillers en communication, la Task Force sur le rapport Lam Shan Leen, la déclaration d’appartenance ethnique lors des dépôts de candidatures aux élections générales, les demandes de naturalisation de ressortissants étrangers, les personnes recrutées sur pouvoirs délégués de la Public Service Commission, les remises de peine des prisonniers, le Public Service Bill, le coût du magazine des 50 ans de l’Indépendance et les missions des officiers de la VIPSU.

Jadis bon élève, le père suit aussi la même mauvaise voie, puisque le ministre mentor, Sir Anerood Jugnauth, a 18 questions restées dans un tiroir. Ces questions concernent la sécurité et l’ordre public, les drogues synthétiques, le Safe City Project et la protection des données, les téléphones portables dans les prisons, les affiches illégales placardées à Plaine Verte, les détails sur le conseiller politique Dev Beekarry et ses conditions de services et le suicide chez les jeunes.

En troisième position de cette liste noire, le ministre de la Santé Anwar Husnoo, qui n’a pas encore fourni de réponses à 17 questions sur le cannabis médical, le nouveau centre d’oncologie de Solférino, le programme de réhabilitation d’alcooliques et de toxicomanes, celui des personnes âgées, les promotions de Hospital Services Attendants et des General Workers, les départements de néonatalogie, de radiologie, du centre de cardiologie, le fonctionnement du SAMU, la création d’une unité séparée pour les maladies rénales, et les drogues synthétiques.

Le Premier ministre adjoint Ivan Collendavelloo n’est pas en reste avec ces 12 questions non encore répondues et qui touchent à la distribution d’eau 24/7, au contrat d’affermage de la CWA, au rapport Poten and Partners, aux employés sous contrat de la CWA et les enquêtes initiées sur leur allocation, le CEB Fibernet Ltd, les énergies renouvelables et aux travaux de distribution d’eau à la route Bassin.

Avec ses 10 questions restées sans réponse, Etienne Sinatambou ne surprend pas. Il n’a pas encore fourni de détails sur l’incendie à la Tour Koenig et sur l’explosion à l’usine de la CMT, sur les commentaires de l’Audit à propos des mesures pour prévenir les inondations, sur les bénéficiaires des allocations post-inondations à Cassis et Bain-des-Dames, la fréquentation des centres de refuge, sur la politique en matière de déchets solides, les directives sous le Building and Use Permit et le compostage domestique.

Pradeep Roopun prend lui aussi de mauvaises habitudes et il tarde à donner des réponses à 8 questions qui lui ont été posées en tant que ministre des Arts et de la Culture. Parmi celles-ci, le musée de l’esclavage, la maison des artistes, le palais des arts, les missions à l’étranger des employés de la Mauritius Film Development Corporation, le patrimoine historique qui se trouve sur le tracé du Metro Express et les formations à l’étranger des cadres du ministère.

Nando Bodha le talonne de près avec 7 questions qui se sont peut-être égarées sur la route Terre-Rouge/Verdun. Pas de réponses sur le feu qui prend dans certains véhicules, sur le Metro Express et les problèmes de Quatre-Bornes, le Ring Road Project et celui des ronds-points de Pont Fer et de Jumbo.

En position d’ex aequo avec également 7 questions, Alain Wong qui n’a pas encore trouvé le temps de fournir des réponses aux questions des députés sur les allocations, les bénéficiaires de l’aide sociale, la composition du NCSR Council et le projet Lovebridge.

Même des sujets comme Palmar

Pour  6 questions sans réponse, quelques ministres, à commencer par Soodesh Callychurn qui n’a pas encore répondu à des questions sur les lois du travail, les licenciements à Palmar Textiles, les fraudes au niveau du Youth Employment Programme, la création d’emplois, les permis de travail et l’équité en matière de recrutement.

Yogida Sawmynaden n’a, lui non plus, pas répondu à 6 questions sur le paiement en ligne, la fusion ICTA/IBA, l’introduction de la télévision privée, le poste de directeur de l’ICTA, les contrats avec Huawei et la fraude au sein de certaines compagnies de BPO.

Il y a également Stéphane Toussaint qui attend probablement un coup de main de Krouink pour répondre à des interpellations sur le conflit au sein de la fédération de Handball, la composition du comité contre le dopage, la situation des athlètes retraités, la piscine de Rivière-des-Anguilles et les JIOI.

Leela Devi Dookun-Luchoomun a cinq réponses en attente à des questions sur la rénovation du collège Abdool Raman Osman, les bourses, le fonds de recherche de la TEC et la construction du nouveau campus de l’université de technologie.

Le ministre des Services financiers, Sudhir Sesungkur, a une approche plutôt singulière en matière de bonne gouvernance, puisqu’il n’a pas trouvé le temps de répondre à 4 questions sur la National Insurance Company, ses rapports d’audit et son analyse d’actuaire, sur l’implication politique des directeurs et du personnel des organismes publics tombant sous sa juridiction et sur l’Insurance Compensation Fund. 

Eddy Boissézon, un temps plus respectueux de la démocratie parlementaire, a 3 questions sans réponse à son actif sur l’assurance médicale des fonctionnaires, sur les conseils d’administration des organismes parapublics et sur la formation des agents publics. Fazila Jeewa-Daureeawoo n’a, elle, pas encore répondu à 2 questions sur le projet d’aire de jeu pour enfants à la rue Magon et une lettre concernant le conseil de village de Richelieu.

Avec seulement 1 question à répondre, gageons pour terminer que Mahen Seeruttun va, dès demain, déposer sa réponse sur les recrutements au FARC et qu’il en sera de même pour Ashit Gungah sur l’Officer in Charge du Fashion and Design Insitute, Maneesh Gobin sur la promulgation de l’Acquisitive Prescription Act, pour Nando Bodha à titre de ministre des Affaires étrangères sur l’accord de libre-échange avec la Chine, pour Fazila Daureeawoo, en qualité de ministre des Droits des enfants sur les violences enregistrées au centre d’accueil La Colombe et pour le ministre du Tourisme Anil Gayan sur ce qui peut rendre la destination Maurice encore plus « visitor-friendly ». 

Quant aux ministres qui sont toujours en règle, ils sont toujours les mêmes. Ils sont Mahen Jhugroo, Prem Koonjoo et Sunil Bholah.