La politique a repris ses droits cette semaine avec l’organisation du meeting de l’alliance gouvernementale à Rivière-du-Rempart et du congrès du Ptr à Montagne-Longue, alors que le Policy Council du MMM, lui, a repris ses consultations avec les représentants de différents secteurs économiques et démographiques dans le cadre de la préparation de son programme gouvernemental.

Le ton a été donné d’ailleurs dès mardi à l’Assemblée nationale, où on a notamment assisté à un certain moment à l’ajournement lorsque l’on a assisté, sur des points d’actualités ou concernant leur circonscription, à un véritable affrontement entre le Premier ministre adjoint, Ivan Collendavelloo, et son ancien camarade de parti, Reza Uteem, du MMM. Le Premier ministre adjoint avait, semble-t-il, interprété la demande formulée par le député de la circonscription No 2 en faveur de l’octroi de la prime de Rs 50 000 au boxeur Kennedy St Pierre comme une tentative de vouloir tirer la couverture sur la victoire de Maurice à ces Jeux de son côté. Les deux anciens amis ne se sont pas faits de cadeaux, créant une animosité et une excitation au sein de l’hémicycle, au point où la Speaker a dû demander à certains parlementaires d’aller régler leurs comptes dans les couloirs. Personne n’a cependant suivi son conseil.

En fait, il est tout à fait normal que la politique revienne au premier plan des préoccupations mauriciennes. Elle fait partie intégrante de l’ADN et de la vie de Mauriciens dans notre république démocratique. Elle est indissociable de la bonne gouvernance et de la liberté d’expression et d’opinion dans la mesure où elles sont respectées scrupuleusement, donnant lieu à des élections générales qui permettent de choisir librement les dirigeants du pays, d’assurer l’alternance politique dans le respect des adversaires politiques et de garantir cette stabilité qui fait la force de notre île au niveau international. Tout cela pour dire qu’il est difficile d’occulter la politique des débats locaux, surtout que le pays est déjà dans une ambiance de campagne électorale, que ce soit pour l’élection partielle dans la circonscription No 7 ou pour les élections générales. Le suspense à ce sujet reste d’ailleurs entier.

Alors que les partis politiques s’apprêtent à déployer leur artillerie lourde en vue des prochaines élections, ce serait faire injure à la population si la campagne électorale ne tenait pas compte l’élan de patriotisme et de vivre-ensemble manifesté par l’ensemble du pays tout au long des Jeux des îles de l’océan Indien, et de l’esprit national qui a prévalu lundi pour célébrer la victoire mauricienne. Pourra-t-on continuer à faire de la politique sur une base sectaire et communautariste ? Pourra-t-on considérer l’atmosphère qui a prévalu dans le pays la semaine dernière lors des JIOI 2019 comme la “new normal”, de sorte que le pays soit représenté, autant que faire se peut, au Parlement par ses éléments les plus compétents et par ceux ayant une volonté sincère de servir l’intérêt général au-delà des communautés, des cultures, des religions ? Il est en tout cas heureux que ce soit dans cet esprit d’unité nationale que se déroulent les préparatifs en vue d’accueillir le pape François à Maurice.

Aussi bien l’église catholique que le gouvernement ont invité la population à venir prier avec le pape, connu comme l’apôtre de la paix, le 9 septembre prochain.

Autre question qui mérite d’être abordée : la célérité avec lesquelles certaines législations sont adoptées sans que l’on sache si elles pourront être mises en œuvre dans la pratique. L’Industrial Property Bill suscite ainsi encore beaucoup d’interrogations, malgré le fait qu’il a été adopté la semaine dernière. Le Workers Right Bill, qui devra être débattu et adopté la semaine prochaine, continue aussi à diviser les parties prenantes, contrairement à ce qui s’était passé lors de l’introduction du salaire minimum. Au lieu de se précipiter à introduire des législations uniquement pour des besoins électoralistes, pourquoi ne pas prendre le temps qu’il faut pour les travailler afin d’éviter de ne pas mettre en péril l’économie du pays après les élections. C’est pourquoi, dans l’intérêt du pays, il serait mieux que les élections générales soient organisées au moment le plus opportun cette année.