Jayen Chellum (Photo d'archives)

L’Association des consommateurs de l’île Maurice (ACIM) se retrouve sous les feux des projecteurs. Quatre de leurs membres, dont le président Antoine Cangy, lancent des accusations de maldonne à l’encontre du secrétaire général, Jayen Chellum pour avoir apposé sa signature sur un chèque de Rs 63, 600 sans avoir, selon eux, obtenu l’aval du comité central de l’ACIM. Cet argent obtenu sous le Corporate Social Responsbility (CSR) a servi à financer le voyage au Portugal de Jayen Chellum pour assister au sommet mondial du Consumers International (CI) qui s’est tenu du 29 avril au 1er mai dernier. L’Independent Commission Against Corruption (Icac) a été saisie de cette affaire. Jayen Chellum réfute en bloc les arguments de ses collègues, soulignant que cette somme a été remboursée une semaine après par le CI sur le compte de l’ACIM et qu’en vertu des réglementes de l’association, le secrétaire peut signer des chèques en l’absence du président.

Tout commence le 21 août dernier. Nos confrères du Mauricien font état des allégations de maldonne formulées par Antoine Cangy, Soobash Hurree, Poorranarneneden Sungeelee et Raymond Reyford contre Jayen Chellum. Au cœur de cette polémique, ce dernier ne tarde pas à réagir dans les colonnes du même quotidien deux jours plus tard et dément avoir enfreint les règlements de l’ACIM : « Je les attends de pied ferme ! » La veille, le président, Antoine Cangy, flanqué des trois autres contestataires, était allé porter plainte à l’ICAC. C’est justement pour évoquer l’affaire que les deux camps, chacun de leur côté, ont rencontré la presse au cours de la semaine écoulée. « L’argent obtenu du CSR couvre les dépenses administratives, pas les voyages. Jayen Chellum a fauté et doit démissionner », a insisté Antoine Cangy lors d’une conférence de presse des plaignants, jeudi dernier, au Centre social Marie, Reine de la Paix. Il a ajouté que « certes, l’argent a été rembourse par le CI, mais, à aucun moment, le secrétaire général m’a informé qu’il allait signer un chèque pour une somme aussi conséquente. En tant que président, j’ai la responsabilité de veiller à ce que les lois soient respectées. Or, Jayen Chellum n’en fait qu’à sa tête et se croit tout permis ».

« Faux », a rétorqué le principal concerné, le lendemain. Face à la presse au siège de l’ACIM à Bell Village, Jayen Chellum était entouré des membres qui le soutiennent, l’assistant-trésorier, Joseph Samson, Roland Duval, Jayraz Mahadowa et Khalil Emmambokus. Il a affirmé, les sanglots dans la voix, que « cela fait plus de 25 ans que je signe des chèques en l’absence du président de l’association et que ce n’est que maintenant qu’ils viennent contester ce fait. C’est inscrit noir sur blanc dans les règles de l’association, qu’un secrétaire général a le droit de signer des chèques et un rapport financier est présenté à tous les membres mensuellement ». Il a lancé un appel aux enquêteurs de l’ICAC :« Je suis à votre disposition pour démentir, preuve à l’appui, que je n’ai jamais fauté, contrairement à ce que prétendent les quatre membres qui veulent nuire à ma réputation avec comme seul objectif de prendre le pouvoir. » Pour étayer ses arguments, le secrétaire général de l’ACIM soutient que « les officiers du Registrar of Association ont récemment débarqué à notre siège, à Bell Village, et n’ont trouvé aucune anomalie dans les transactions effectuées ».

Menaces et invectives

Menaces et invectives. Le ton est monté d’un cran entre Antoine Cangy et Jayen Chellum juste avant le départ et au retour de ce dernier du Portugal. Joints au téléphone, hier, les deux protagonistes ont donné leurs versions des faits :« J’ai reçu des menaces et je me suis fait traiter de tous les noms par le président dans mon bureau et dans l’enceinte du Registar of Association. Cet homme n’est pas capable de s’asseoir autour d’une table et discuter calmement. Demandez à Soobash Hurree, le membre qui a retourné sa veste en soutenant Antoine Cangy aujourd’hui. Il était présent en juin à un sous-comité destiné à prendre des sanctions contre M. Cangy pour ses agissements et Soobash Huree était d’accord pour que Khalil Emmambokus prenne l’intérim à la présidence le temps de faire la lumière sur cette affaire. » Sollicité par Week-End, Soobash Huree dément cette information et soutient qu’il a été neutre au cours de ce sous-comité. « Cela démontre que Jayen Chellum n’est qu’un menteur et un dictateur ! »

Quant à Antoine Cangy, il souligne que « le secrétaire de l’ACIM m’a également menacé et insulté » lorsqu’il lui a demandé un bilan des comptes et des procès-verbaux des dernières réunions. « Ne parlons pas des chèques en blanc émis plusieurs fois par le trésorier et qu’on passe sous silence. » L’élection prévue dans le cadre du renouvellement du comité exécutif, fixée au mois d’octobre, s’annonce d’ores et déjà électrique. « Je remettrai mon poste en jeu. Aux membres de décider s’ils veulent me renouveler leur confiance », a confié Jayen Chellum. Soobash Hurree affirme de son côté qu’à 71 ans, et après 25 ans au poste de secrétariat pour lequel il est rémunéré, « il est grand temps pour Jayen Chellum de céder sa place pour le bien-être de l’association ».

Affaire à suivre.