Le week-end prochain, du vendredi 10 au dimanche 12 avril, ils seront une cinquantaine de jeunes, des mineurs essentiellement, qui se retrouveront le temps d’un stage résidentiel au Foyer Fiat, à Petite-Rivière. L’initiative est celle de l’Ong Lakaz A qui, depuis 2007, a initié, à raison de deux week-ends CADO (Capacité, Amour, Don de soi et Océan de bonheur) par an, cet exercice à l’intention de jeunes en difficulté. Pour sa 10e édition, le week-end CADO misera encore une fois sur la découverte et la valorisation de soi au sein du groupe, déclare Cadress Rungen, travailleur social responsable de Lakaz A. Car, rappelle-t-il, « un jeune que l’on a prévenu contre les fléaux sociaux est mieux armé et court moins de risques de céder aux tentations des drogues, de l’alcool et autres ».
Qu’ils viennent de familles brisées, de foyers où l’un des parents est toxicomane, travailleuse du sexe ou incarcéré ; que ces jeunes aient été eux-mêmes victimes d’attouchements, d’inceste ou de violences ; qu’ils soient accros à des substances telles l’alcool ou les drogues, « ils éprouvent d’énormes difficultés à faire face au quotidien et à la vie de manière générale », soutient Cadress Rungen, responsable de Lakaz A, Ong initiatrice des week-ends CADO. « Ce sont des jeunes qui vivent un calvaire permanent et qui n’ont pas de recours vers les structures d’aides classiques parce que vivant dans des situations difficiles, socialement et économiquement parlant. D’une certaine manière, ces jeunes sont “invisibles” du reste de la société et des autorités qui pourraient leur venir en aide. C’est par le biais de nos interventions lors du pèlerinage Anti-DAVIS (voir plus loin) que nous avons pris conscience de l’extrême précarité dans laquelle vivent un très grand nombre de jeunes Mauriciens. »
Le travailleur social évoque non sans une certaine fierté le parcours initié par ses collaborateurs, dont son fils ainé, Dean Rungen, qui est un peu la cheville ouvrière de la mouvance KazAdo, qui a donné naissance aux week-ends CADO. « La pauvreté que nous avons découvert durant le pèlerinage Anti-Davis n’était pas que matérielle. Ces jeunes vivent repliés sur eux-mêmes, isolés et esseulés, souvent délibérément parce qu’ils ont honte d’avoir des parents toxicomanes, alcooliques, séropositifs ou incarcérés. Ils n’ont jamais bénéficié d’une écoute lorsqu’ils ont été victimes de violences, d’attouchements ou d’inceste et ne savent vers qui se tourner pour demander de l’aide. »