Hier à l’auditorium Octave Wiehe, à Réduit, Kailash Purryag, président de la République de Maurice, a été l’invité d’honneur au lancement d’un livret publié par le Club Le Flamboyant. Intitulé “The Economic & Social contribution of the elderly in Mauritius”, le livret de 75 pages est une collection d’articles qui mettent en exergue la contribution économique et sociale des personnes âgées dans leur famille et au sein de la société. Lors de son discours, Kailash Purryag a insisté sur les responsabilités des personnes âgées sur l’avenir des jeunes et a également souligné le fait que la situation économique de Maurice n’est pas garantie à une croissance permanente.
D’emblée, Kailash Purryag déclare que “c’est un fait indiscutable que nos aînés apportent une grande contribution aux développements économique et social du pays”. S’adressant à l’auditoire de personnes âgées présentes pour le lancement du livret, hier, il leur demande de comparer la situation de la génération précédente à celle d’aujourd’hui et voir quels ont été la contribution des personnes âgées, leurs sacrifices et les raisons de ces sacrifices. Il estime que Maurice est “chanceuse” de pouvoir maintenir une croissance économique. Il met toutefois en garde : “L’avenir ne sera pas aussi facile, si nous ne pouvons pas maintenir cette croissance.” Et pour lui, les personnes âgées ont encore leur rôle à jouer, non en terme d’activité économique, mais leur contribution est autre, notamment à travers le paiement de l’Income Tax.
Il cite de nombreux auteurs, notamment Thomas Friedman qui a écrit The world is flat(2005) (une analyse de la globalisation du 21e siècle) et Hot, Flat and Crowded(2008) (titre qui fait référence au réchauffement climatique, à la globalisation et à la croissance de la population principalement sur le continent africain). Dans ce livre, l’auteur vante les mérites des aînés qui ont sacrifié leur présent pour construire un avenir meilleur pour leurs descendants. Il cite également Lester Thurow, auteur de The future of capitalism(1996). Ce dernier y décrit la façon dont nous sommes arrivés à la situation de la main-d’oeuvre telle qu’elle se présente aujourd’hui, identifie les problèmes sous-jacents, et suggère des modifications aux politiques économiques qui peuvent nous aider.  Il soutient qu’il faut connaître ce qui s’est passé dans l’Histoire et les sacrifices que les aînés ont faits. Il a par ailleurs fait référence à son père, disant les sacrifices qu’il a faits pour assurer son avenir. Il dit avoir la chance d’avoir eu accès à l’éducation et d’avoir pu porter des vêtements convenables. “Nou soi nou bizin fer enn ti sakrifis pou nou zanfan. Seki nou papa inn fer pou nou, zordi nou dan bien”, a-t-il dit. Ainsi, comme pour maintenir l’harmonie dans la vie conjugale au sein de laquelle “il ne faut pas penser en terme de droits, mais plutôt de responsabilités”, il encourage les personnes âgées à prendre leur responsabilité en main: celle de construire l’avenir de leurs enfants et leurs petits-enfants : “Kan nou kit sa later-la, ode nou kit enn situation pli favorab si posib pou ban fitir zenerasion”. 
“Repousser l’âge limite du départ à la retraite”
Toutefois, le grand défi qui nous attend, dit-il, c’est de maintenir la croissance économique. “La prochaine génération n’est pas assurée qu’elle recevra une pension”, dit-il. En prenant l’Angleterre comme exemple, où une étude sur les pensions allouées au service civil a eu pour conclusion qu’il faut allouer la pension selon la moyenne du temps de service, il a souligné qu’à Maurice, nous sommes “chanceux” de pouvoir maintenir l’allocation de pension.
Face au phénomène démographique de population vieillissante, certaines mesures doivent être prises, selon le président. Il estime qu’il faudra repousser l’âge limite du départ à la retraite. Singapour fait face au même problème que Maurice, indique-t-il. Il rappelle par ailleurs deux éléments “inportan ki finn amenn revolision en term devlopman ekonomik” : la Convention de Lomé et le Protocole Sucre. “Nous avons plusieurs défis à relever surtout au niveau de l’éducation, pour maintenir une compétitivité. Tous les pays parlent de quality in éducation.” Faisant mention de violence domestique, il estime que la qualité de l’éducation est importante pour inculquer aux jeunes et aux enfants les valeurs et principes moraux et le respect des personnes âgées. Il pose la question de l’indiscipline qui règne aujourd’hui et le non respect des enfants envers leurs parents, professeurs et autres adultes: “Les premiers éducateurs d’un enfant sont ses parents, mais les parents n’ont pas le temps du fait que les deux parents travaillent.” Ainsi, les grands-parents, dit-il, doivent prendre leur responsabilité et parler avec les jeunes, leur expliquer que les développements du pays ne sont pas acquis et que cela a demandé un dur labeur. Il a également déclaré que les jeunes ont leur part de responsabilité dans le soutien de leurs aînés. 
Lors de son discours, Sheila Bappoo, ministre de la Sécurité sociale, de la Solidarité nationale et des Institutions réformatrices, a rappelé les différents projets lancés par le gouvernement actuel en faveur des personnes âgées: notons les centres récréatifs mis à la disposition des citoyens du troisième âge et le transport gratuit, entre autres. Par ailleurs, en avril, le premier rapport de l’Observatoire du vieillissement sortira, et le National Policy Paper pour les personnes âgées sera mis à jour, annonce-t-elle. Maurice compte environ 177,300 personnes de plus de 60 ans, ce qui représente 13% de la population mauricienne. Pour sa part, Virjayan Mulloo, président du Club Le Flamboyant, a déclaré: “Depuis toujours, les personnes âgées ont été considérées comme des fardeaux. Ce livret vient briser tous les tabous et vient redonner leur valeur aux personnes âgées.