Dr DIPLAL MAROAM

Les résultats décevants du SC de la cuvée 2019 – seuls 3 candidats sur 10 ayant obtenu les 5 credits requis pour l’accès au Grade 12 – ne font que confirmer l’échec de tout un système dont les réformes piece-meal apportées n’ont pu donner les résultats escomptés. Une restructuration holistique s’impose, à commencer bien évidemment par la base même du système que représentent les élèves.

DIPLAL MAROAM

Que l’intérêt pour les études chez les jeunes s’effrite de jour en jour n’est un secret pour personne ! La culture de lecture n’existe pratiquement plus, ce qui explique, dans une grande mesure, la performance médiocre des élèves en anglais et en français aux examens. En ce qui concerne l’expression orale et écrite, la situation n’est guère réjouissante. Aujourd’hui, les véritables objets de prédilection des jeunes, embourbés dans l’engrenage du plaisir immédiat, sont le smartphone, la musique, Facebook, etc. Et qu’en est-il de la discipline dans le milieu scolaire, condition sine qua non pour un processus éducatif sain et productif ? Il est malheureux que devant le laxisme, pour ne pas dire la négligence pure et simple des autorités concernées – responsables éducatifs à différents niveaux, parents pourtant premiers éducateurs de leurs enfants, la force de l’ordre, etc –, la situation n’a fait qu’empirer ces dernières années. L’hooliganisme, l’alcool, la drogue synthétique dans le milieu scolaire sont devenus des préoccupations majeures.

Par ailleurs, l’introduction en quatrième vitesse de l’éducation gratuite en guise de carotte électorale quelques mois seulement avant les législatives de décembre 1976 sans préparation de base au préalable continue d’avoir de sérieuses répercussions sur le secondaire privé. Rémunéré par l’État à travers la PSEA, le personnel enseignant et non enseignant est redevable envers le manager qui, dans pas mal de cas, ne possède ne serait-ce que la moindre expérience en matière de pédagogie élémentaire, mais faisant la pluie et le beau temps au sein de son établissement. Le recrutement est souvent effectué selon des critères inavouables et c’est ainsi que certains de ces collèges sont devenus des family business, phagocytant l’efficience et de la compétence. Or, alors que le gouvernement réduit graduellement, et à juste titre, sa dépendance sur ces établissements privés dont de nombreux sont voués à la fermeture, des voix protestataires s’élèvent, criant à la discrimination. Et lorsque le personnel enseignant rejoint le secteur public en quête de meilleures conditions d’emploi, les responsables évoquent le « poaching ».

Par ailleurs, il y a aussi impérativement à revoir les abus des leçons particulières devenues une école payante parallèle vu que certains enseignants ne se donnent pas à fond en classe, le système dépassé du HSC – système que même les Britanniques ont abandonné depuis belle lurette – et simultanément celui des lauréats qui ne retournent pas au pays, mais engloutissant un gros budget de l’État. En outre, les inconvénients causés aux élèves accédant au Grade 7 dans le cadre de la régionalisation doivent essentiellement être rectifiés. Il est temps de rétrécir les 4 zones géographiques existantes en les subdivisant davantage à 8, voire même 10, afin d’épargner aux élèves de 11-12 ans le calvaire de voyager des dizaines de kilomètres chaque jour et en même temps, de combattre les profondes inégalités qui caractérisent le système actuel.

Cependant, les bonnes notes accordées au secteur éducatif concernent, entre autres, l’abolition de l’examen du CPE et son goulot d’étranglement que constituait l’impitoyable ranking. Examen qui était perçu comme un ascenseur social reproduisant l’inégalité, car les milliers d’enfants éjectés du système provenaient majoritairement des familles pauvres. Une évaluation académique approfondie en Grade 9 a le mérite de transférer une compétition aiguë de l’âge de 11-12 ans à un stade ultérieur du développement du potentiel d’intelligence de l’enfant – qui est génétiquement déterminé – lorsque celui-ci est plus apte à subir une telle épreuve. Si le critère de 5 credits sert effectivement à stimuler le sens de responsabilité des élèves par rapport à leurs études, l’on se demande pourquoi cette réticence flagrante à mettre plus d’accent sur le HSC Pro.

Finalement, force est de constater que la dégradation des valeurs fondamentales a entraîné dans son sillage presque toutes les institutions du pays et l’absence d’une volonté politique intransigeante pour renverser la vapeur n’a fait qu’aggraver la situation. Il y a, paraît-il, un intérêt propre à un système de gouvernance qu’on ne veut absolument pas chambouler.