La Std II de la St Jean-Baptiste de la Salle RCA à Port-Louis a vécu mardi un moment particulier : sa première remise des diplômes. Cet événement marque ainsi l’accomplissement du cursus Zippy, l’ami qui aide les enfants à s’adapter aux difficultés du quotidien.
Pour une première remise de diplômes, on se serait attendu à un événement du style académique, histoire de donner le ton à un parcours mauricien des plus compétitifs. Cependant à la St Jean-Baptiste de la Salle RCA, cette première destinée aux enfants de la Std II prend une autre tournure. On salue l’effort mais surtout le développement des « coping skills ».
Dans son édition du 23 mai 2012, Le Mauricien présentait le programme « Les Amis de Zippy », initié par le Département de psychologie et de counselling de l’Institut Cardinal Jean Margéot (ICJM). Son objectif est de promouvoir le bien-être social et émotionnel des jeunes en les aidant à mieux s’adapter aux difficultés du quotidien.
« Ce programme aborde les mécanismes d’adaptation car les recherches indiquent que les adolescents qui font des tentatives de suicide disposent d’un moins grand répertoire en la matière. À travers les “Amis de Zippy”, on peut ainsi envisager que les tout-petits apprennent de meilleures stratégies pour faire face aux problèmes à l’adolescence et l’âge adulte. Ils seront plus aptes à demander de l’aide et à l’utiliser pour résoudre leurs problèmes », explique Émilie Duval, responsable du département de psychologie et de counselling de l’ICJM.
Mardi, à l’école primaire St Jean-Baptiste de la Salle, on a donc récolté les fruits de Zippy. Les élèves de Std II, « stars » du jour, sont habillés en graduation gown, arborant jusque la toque noire sertie d’un ruban vert, dans les tons de l’ami Zippy. On lit dans les yeux des parents toute la fierté de voir le succès de leurs enfants. Zippy sera devenu leur ami à eux aussi. Une maman, invitée à témoigner lors de la cérémonie, précise : « On voit la différence dans le comportement des enfants. Quand on devient grand, il y a des aptitudes qui sont difficiles à acquérir. »
Surtout que selon une étude évoquée par Émilie Duval au Mauricien, « à l’heure actuelle, un dixième des enfants risquent de développer des troubles psychologiques ». Zippy pourrait être le sauveur d’une génération… Ou tout au moins, y contribuer grandement. Il s’agit d’éviter, dès l’enfance, tout ce que des troubles psychologiques peuvent demander de ressources : médicaments, antidépresseurs, thérapies. D’où « l’importance d’insérer dans le curriculum tout ce qui fait l’enfant dans sa personne ». Par ailleurs, il ne s’agit pas d’un sacrifice de l’académique sur l’autel du bien-être émotionnel. « Des études sont faites pour connaître les impacts positifs du programme sur les performances académiques », souligne la responsable du département de psychologie et de counselling de l’ICJM.
Pour Edwidge Yagapen, directrice de la St Jean-Baptiste de la Salle, « “Les Amis de Zippy”, c’est pour la vie ». Un programme reposant sur la volonté des professeurs qui ne « sont pas obligés de fournir cet effort supplémentaire et il faut les féliciter pour cela ». À cette école portlouisienne, elles sont : Malida Sevathean, Stéphanie Fok Man-Moorghen, Curby Pugo et Armanda Kissonah-Busroopun et ont été encadrées par la conseillère Annabella Labêche.
Mais Zippy ne serait pas possible sans les sponsors. Pour la St Jean-Baptiste de la Salle RCA, c’est l’action de Terra Foundation qui permet au programme de s’inscrire dans la durée. « C’est un autre type d’investissement : un partenariat dans la durée, ajoute Émilie Duval, où on peut aller au-delà de l’école et même proposer Zippy aux enfants des employés. »
Aujourd’hui, Zippy compte presque 1 000 000 d’enfants dans le monde. À Maurice, on est passé de 1 000 jeunes en 2009 à 5 000 en 2012.