Quinze mois et deux semaines après la découverte du jackpot de River Walk de Rs 220 + Rs 4 millions, dont Rs 110 millions en Never-Used US Dollar Notes dans trois coffres-forts en la résidence de l’ancien Premier ministre, Navin Ramgoolam, de nouveaux rebondissements sont à prévoir dans le cadre de l’opération Netwayaz Saison II. En effet, l’Attorney General’s Office, qui a initié des procédures sous la Legal Mutual Assistance, s’attend à être en présence des premières informations de la part des autorités allemandes au sujet de la provenance de ces Rs 100 millions en coupures de $ 100 avec des numéros de série consécutifs, trouvés dans des coffres-forts dissimulés dans la penderie de Navin Ramgoolam. À ce jour, les informations disponibles sont que des banques opérant en Allemagne, soit la Commerzbank, l’une des plus importantes en Allemagne, et la HSBC de Francfort, détiennent des informations cruciales au sujet de l’acheminement de cette cargaison de coupures bancaires US de la Federal Reserve Bank de Chicago aux coffres-forts de River Walk entre 2013 et 2014 notamment.
Des recoupements d’informations effectués par Week-End auprès des sources concordantes indiquent que l’enquête sur les Rs 220 millions + Rs 4 millions saisies chez Navin Ramgoolam se tient en deux volets distincts. Les détails préliminaires obtenus sur la provenance des Rs 110 millions en coupures de 100 dollars américains, sujets à confirmation avec le dossier officiel à être transmis à l’Attorney General’s Office par les autorités allemandes, mettraient en doute la thèse entretenue de donations politiques. Ces pieces of evidence devraient être versées dans le dossier à charge en vue de soutenir dans un premier temps d’éventuels délits de money laundering contre Navin Ramgoolam.
 La Commerzbank, qui aurait déjà été approchée par les autorités compétentes en Allemagne, ne serait nullement réfractaire à l’idée de coopérer à cette enquête en founissant des explications sur ces liasses de coupures de 100 dollars US avec des code-barres lors de l’opération du Central CID dans la nuit du 6 au 7 février 2015 à River Walk.
 L’une des raisons expliquant l’attitude des représentants de la Commerzbank est que pas plus tard qu’en mars de l’année dernière, cette banque allemande avait été prise en flagrant délit par les autorités fédérales américaines pour des infractions majeures aux lois régissant les banques, notamment que « Commerzbank in Germany and New York didn’t do adequate due diligence or obtain “know your customer” information for accounts at the bank’s own foreign branches and affiliates. » La Commerzbank avait payé une amende de $ 1,45 milliard pour avoir enfreint l’embargo économique contre l’Iran et pour absence d’«adequate money laundering controls » pour des délits remontant à 2002 et 2008.
 Vu que des billets de dollars américains sont concernés dans l’affaire Ramgoolam, la Commerzbank aurait préféré jouer la carte de la prudence pour éviter d’autres ennuis avec le Département de la Justice des Etats-Unis et le régulateur financier de l’Etat de New York. En ce qui concerne la HSBC de Francfort, très peu de renseignements ont transpiré à ce jour. Les limiers du Central CID sont remontés à l’Allemagne sur la base des conclusions d’une collaboration avec le Federal Bureau of Investigation des Etats-Unis dès le début de cette enquête criminelle en février dernier.
 Avec la réception de ces informations d’Allemagne sous le pli de la Legal Mutual Assistance, Navin Ramgoolam pourrait être convoqué aux Casernes centrales pour être confronté au sujet de l’identité de ceux qui ont donné des instructions pour le virement de ces Rs 110 millions en sa faveur, les raisons de ce transfert et aussi bien le trajet emprunté par ces valises de dollars américains à partir d’Allemagne pour atterrir finalement à River Walk, Floréal.
 Vu les preuves disponibles, la partie officielle se dit confiante de pouvoir confondre Navin Ramgoolam avec sa défense de donations politiques. En effet, interrogé à sa sortie du tribunal de Port-Louis vendredi, l’ancien Premier ministre, tout en évitant de dire si les coupures de banques étrangères ont fait le trajet direct entre l’Allemagne et Maurice, avait déclaré tout simplement que tous les partis politiques reçoivent des donations politiques. « MSM pas gagné ? MMM pas gagné ? PMSD pas gagné ? Zis travayis ki finn gagn donasyon ? Al rode, et en tan ze lie pou ena so refrin sa », devait-il lancer aux journalistes lors de sa première comparution dans le procès instruit contre lui par l’Office of the Director of Public Prosecutions dans l’affaire des incidents dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011 au bungalow de Roches-Noires en présence de Nandanee Soornack.
 Un point crucial de l’enquête du Central CID découle des conclusions de l’exercice entrepris auprès des banques commerciales et des institutions financières et bureaux de change avec l’exécution des Judge’s Orders obtenus. À ce jour, il n’y a aucune trace formelle de transactions bancaires pour un si important volume de coupures de 100 dollars US et encore moins au niveau des douanes ou même à la Banque de Maurice. D’abord, Navin Ramgoolam aura à fournir des explications plausibles comment ces Rs 110 millions en devises étrangères ont été installées dans les trois coffres-forts avant de justifier les sources of funds dans une tetantive d’éviter toute accusation formelle sous la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act ou encore sous la Prevention of Corruption Act si ces montants sont les conséquences d’un présumé deal obscur sans oublier des infractions à la Banking Act.
 Dans la perspective de la réception de nouvelles pièces à conviction venant d’Allemagne, le Central CID aurait pris la décision de repousser à une date ultérieure la convocation de Navin Ramgoolam pour interrogatoire sur les autres Rs 110 millions en coupures de Rs 2000. En principe, un rendez-vous était prévu pour le début de la semaine. Les enquêteurs sont déjà en présence d’un rapport préparé par des experts-comptables des transactions de Navin Ramgoolam avec les données fournies par les banques commerciales au sujet de ses 27 cartes de crédit, dont des AMEX Black Cards de Malaisie et des facilités de crédits illimités.