On ne racontera pas l’histoire qui, comme toutes les pièces de Molière, se conclut par un heureux dénouement ou des retrouvailles. Les protagonistes finissent par se découvrir des liens de parenté renoués par le hasard de l’amour; ici, entre Octave (Kevin Bissonauth) et Hyacinthe (Corinne de Baize) et entre Léandre (Jérémie Avice) et Zerbinette (Sandrine Fabre). Géronte (Christian Sauzier) et Argante (Yannick Guérin) retrouvent donc leur fille respective.
C’est en voulant permettre à Octave et à Léandre de vivre leur amour et de leur procurer l’argent pour ce faire, que les fourberies du valet Scapin (Julien Dijoux) sont mises en place afin de soutirer cette somme des deux pères. On découvre à travers Julien Dijoux un comédien qui est rentré dans le personnage sur lequel repose la pièce. Est-ce la raison pour laquelle les autres personnages semblent relativement en retrait et paraissent presque éclipsés par celui de Scapin ?
Diction et charme.
Sylvestre (Alexandre Martin) est un valet qui parvient à se démarquer, notamment par une diction savoureuse et gourmande. Entre-temps, Hyacinthe et Zerbinette jouent de leur charme et parviennent à retenir l’attention au gré de certaines répliques. Mais l’on retiendra surtout une intonation tantôt canaille tantôt suppliante qui se suffit à elle-même pour installer Scapin en fomentateur d’intrigues. Soulignons les apparitions sur scène de Kiran Dussaram et de Valérie Gourel de St Pern.
La présente production de Théâtralis, jouée au MGI, a le mérite de faire vivre sur scène des personnages de papier pour les étudiants de littérature française. Les recettes du spectacle serviront à venir en aide à l’association Morisyen San Frontier, qui intervient auprès d’enfants vivant dans des poches de pauvreté.