Un grand moment de solitude, pièce écrite et mise en scène par Josiane Balasko, se révèle un bon divertissement, sans plus. Josiane Balasko joue beaucoup de son imagination et son jeu de scène dans la peau d’une psychanalyste compulsive est une réussite. Mais on s’attendait à un peu plus de profondeur, n’étant pas ressorti avec la tête remplie de souvenirs. Surtout qu’au niveau des dialogues, cela vole plutôt au ras des pâquerettes et le côté dramatique de la pièce tournant autour du hacker n’aura pas été suffisamment exploité.
C’est l’histoire de deux psychanalystes qui s’analysent à tour de rôle. Simon Perez souffre d’agoraphobie et Brigitte Gaillard est une accumulatrice compulsive qui ne peut exercer chez elle faute de place. Et c’est à travers ce jeu de miroir entre psychanalystes que Josiane Balasko a conçu sa trame. Ces deux protagonistes sont le fil conducteur du scénario et autour d’eux évoluent deux autres personnages, Rosalie, une SDF qui fait de la nique aux mots en continu, et Jimmy Bobcat, célèbre hacker et lanceur d’alertes recherché par la police de par le monde.
Pour sortir des sentiers battus, Josiane Balasko a choisi de sonder l’esprit humain et grâce à Un grand moment de solitude, elle passe en revue les problèmes de toc, de psychoses, de peur. Dans cette pièce, ceux qui sont supposés avoir un certain équilibre pour aider les gens sont eux-mêmes des déséquilibrés. En témoigne Brigitte Gaillard, la compulsive déjantée qui se sert de ses poings pour repousser la SDF Rosalie venue lui réclamer sa tune pour sauver son chien. Nous ressentons l’exigence de Josiane Balasko en tant qu’auteur, metteur en scène et interprète ; avec elle, tout est calqué à la minute près.
Le décor est sobre, un vélo accroché au mur de la maison de Simon Perez et tout autour des livres. Mais le plus intéressant demeure le canapé, sorte de divan, qui devient un élément important de la pièce. Car c’est précisément de là que commencent les ennuis de Simon Perez. Trois ans qu’il n’a pas quitté son domicile, il s’est fait braquer et depuis nage en pleine dépression… Par moments, il est sur le canapé et dans d’autres circonstances, se retrouve en dessous.
La psychanalyste Brigitte Gaillard lui viendra en aide et en retour Simon Perez aussi la psychanalysera. Il découvre en fait qu’elle est une maniaque compulsive qui collectionne des tickets de train. Ils s’échangeront sur le divan des confidences et finiront par comprendre qu’ils souffrent tous les deux.
Josiane Balasko aura décidé de se défaire de sa gouaille populaire tout en restant convaincante. Cette pièce aurait pu être à notre humble avis adaptée au cinéma avec plus de rebondissements. Le profil du hacker à la Snowden aurait pu être mieux exploité et au lieu d’un simple divertissement, le public aurait eu droit à un thriller. Une comédie qui reste dans le bon ton sans pour autant faire de vagues.