Le groupe Innodis est en proie à des difficultés persistantes avec sa production de poulet au Mozambique. La concurrence féroce du poulet congelé, importé à bas prix, contribue ainsi à faire baisser ses bénéfices, si bien que le groupe a dû procéder à un “downsizing” de ses opérations, soit une cinquantaine de postes en moins.

Le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de Rs 2,3 milliards pour le semestre se terminant au 31 décembre 2018, soit en légère hausse par rapport à la même période en 2017 (Rs 2,28 milliards). Ses profits après taxes ont atteint Rs 79 millions, comparé à Rs 91 millions au cours du précédent exercice. Cette baisse s’explique en partie, selon la direction, par la mauvaise performance de sa filiale mozambicaine, Moçambique Farms Limitada, qui évolue dans des conditions de marché difficiles. Si bien qu’Innodis a pris la décision de “downsize” son business au Mozambique en décembre dernier en réduisant les effectifs. Selon nos informations, une cinquantaine d’employés ont été remerciés. Une décision rendue nécessaire, selon la direction du groupe, pour « keep the subsidary on track ».

La direction d’Innodis a d’ailleurs profité de la récente visite de la délégation mozambicaine à Maurice pour faire part de ses appréhensions concernant les importations illicites de poulet sur le marché mozambicain. « Nous espérons que cela incitera les autorités à prendre des mesures correctives dans l’intérêt de l’industrie avicole locale », fait comprendre la direction. Toutefois, les responsables d’Innodis se veulent rassurants concernant les opérations mozambicaines. Ainsi, dans le rapport annuel 2018, pour l’année financière 2017/2018, Victor Seeyave, Chairman, et Jean Pierre Lim Kong, CEO, expliquent : « Le “dumping” du poulet au Mozambique continue d’impacter la demande de poulet local et à amoindrir notre performance commerciale. Cependant, nos efforts pour stabiliser l’opération au cours de l’année écoulée ont payé des dividendes. Nous avons amélioré nos “key performance indicators” de production et avons mis en place un point de vente à Maputo pour mieux servir nos consommateurs.

En conséquence, Moçambique Farms Limitada a enregistré un résultat encourageant, avec une croissance de près de 30% du chiffre d’affaires et du bénéfice brut. » Les deux hommes forts d’Innodis trouvent néanmoins « dommage » que le poulet importé à bas prix continue de pénétrer sur le marché mozambicain, et ce malgré les assurances données par le gouvernement.

En fait, c’est l’absence de contrôles réglementaires à l’importation qui permet l’entrée sur le marché mozambicain d’une masse de poulet importé à prix cassés. Et de souligner : « Il est toutefois regrettable que les assurances données par les autorités mozambicaines concernant la réglementation du poulet importé ne soient toujours pas suivies d’actions concrètes.

À cet égard, nous allons continuer à faire pression sur les autorités pour qu’elles prennent les mesures nécessaires, conformément à leur objectif déclaré d’éliminer les importations d’ici 2019. » Il poursuit : « A ce moment, nous devrions être bien placés pour profiter de la demande accrue de poulet produit localement. En outre, selon le Fonds monétaire international, l’économie mozambicaine devrait progresser de 4%. Espérons que cela déclenchera une amélioration de conditions commerciales et stimulera la consommation. » Par ailleurs, malgré les difficultés actuelles, il nous revient que le groupe Innodis compte maintenir ses opérations au Mozambique.