Depuis ce matin, le ministre du Travail est engagé dans des consultations successives avec des fédérations syndicales sur les amendements à l’Employment Relations Act et à l’Employment Rights Act. Dans la matinée, avant le coup d’envoi des travaux parlementaires, Shakeel Mohamed a eu une rencontre avec le Conseil des Syndicats à la Victoria House. Les tractations seront encore de mise cet après-midi avec des consultations prévues entre la Platform Kont Laloi Travay Anti-Travayer et Shakeel Mohamed qui maintient le suspense quant à la deuxième lecture de l’ébauche au parlement.
Les premières consultations engagées dès 9 h 30 ce matin ont été tout d’abord marquées par le walk out du président du Confederation of Independent Trade Union (CITU), Suraj Ray, qui a énergiquement protesté contre les amendements Mohamed à l’Employment Relations Act et à l’Employment Rights Act. Toutefois, le manque de solidarité devait être flagrant dans les rangs du Conseil des Syndicats avec les autres membres condamnant l’attitude de Suraj Ray auprès du ministre Mohamed.
Au cours de cette rencontre, la décision devait être entérinée d’accorder au CDS une marge de temps pour la lecture de l’Employment Relations Bill et de l’Employment Rights Bill compte tenu que ce n’est que hier soir que ses dirigeants ont pris connaissance du document. En principe, ils devront soumettre un mémorandum dans la deuxième semaine de janvier. « Il faut me montrer la section de la loi qui pose problème. Me CDS pas finn pare pou dir mwa ki ena dan lalwa ki zot pas dakor zordi », devait faire comprendre Shakeel Mohamed à un point de presse après les consultations. Dans la conjoncture, le ministre du Travail devait répondre favorablement à la requête de la Platform Kont Laloi Travay Anti-Travayer pour une rencontre cet après-midi. Les animateurs de ce front, dont Atma Shanto, Reeaz Chuttoo et Jane Ragoo, ont rencontré samedi Paul Bérenger et d’autres membres du MMM à cet effet.
Par ailleurs, à plusieurs reprises ce matin, le ministre du Travail devait condamner les informations circulant dans la presse faisant état de graves atteintes au droit de grève et à l’avenir du syndicalisme à Maurice avec ces nouvelles lois. « À aucun moment, ces amendements ne remettent en question les droits fondamentaux de grève. Loin de là. Ils ne remettent pas en question non plus les accords signés entre les représentants des travailleurs et un groupe d’employeurs. Li grav ki ena sertenn informasyon ki pe sirkile ek pe kre bann traka. Sa lalwa-la pe vinn protez travayer », s’est évertué à dire Shakeel Mohamed avant de laisser entendre que ces amendements ont eu la bénédiction du Bureau international du travail.
La Mauritius Employers Federation devait également être dans le viseur du ministre du Travail : « MEF finn gard enn silans total pou lemoman. Ou kone kifer. MEF kone ki li dan so lintere ki serten syndicalist torpiy sa lalwa-la. Ou kone kifer MEF pe kontan ki syndicaliste pe torpiye sa lalwa-la, parseki li dan intere travayer ek pa dan lintere anployer. MEF finn fini konpran sa ! »