Philosophe, écrivain et ancien ministre de l’Education, Luc Ferry est également un observateur politique averti qui officie sur plusieurs chaînes de télévision française. Il vient de passer quelques jours à Maurice à l’invitation de l’Association Progrès et Management qui réunit quelques centaines de patrons du monde francophone. Voici l’essentiel de l’interview que Luc Ferry a acceptée de nous accorder et dans laquelle il parle, avec verve et passion, autant de politique française, de l’Europe que de philosophie.
Vous êtes non seulement philosophe, mais également commentateur politique. Qu’est-ce qu’il y à commenter dans l’élection présidentielle qui, sauf revirement spectaculaire de toute dernière minute, va voir la victoire de François Hollande et la défaite de Nicolas Sarkozy ?
J’ai annoncé cette défaite il y a deux ans déjà. Je pensais que Nicolas Sarkozy ne pouvait pas gagner pour trois raisons : tout d’abord, son bilan est difficile à plaider et à défendre. Il a suscité une très forte hostilité, sans doute injuste, mais c’est comme ça, qu’il est difficile à contrecarrer. La troisième raison est que son axe de campagne n’est pas le bon. Il n’aurait pas dû faire une campagne de droite très dure…