• « Ce n’est pas possible que l’on continue à compter les morts dans un pays où le traitement du VIH est gratuit ! »

Dhiren Moher a été réélu à la présidence de Prévention, information et lutte contre le sida (PILS). Le deuxième Mauricien à avoir admis publiquement vivre avec le virus, et qui lutte depuis plusieurs décennies pour le respect des malades et leur accès aux soins, se dit « plus que jamais déterminé à ramener les patients au cœur des structures qui leur sont destinées afin d’arrêter de compter les morts ».

« Ce n’est pas possible qu’à Maurice, en 2019, où le traitement est gratuit, l’on continue à compter les morts, parmi les Personnes vivant avec le VIH (PVVIH) ! » confie Dhiren Moher, travailleur social de longue date et fraîchement réélu à la présidence de PILS.

Il ne mâche pas ses mots : « Nous nous sommes fixés comme objectif de ne plus perdre de vue les patients. Nous allons faire en sorte qu’ils viennent et restent dans les structures de soins et de traitements qui leur sont destinées afin qu’ils soient suivis et encadrés adéquatement. »

Pour ce faire, le président de PILS explique que « suivant notre nouveau plan stratégique qui est déjà prêt et qui sera présenté d’ici peu, nous comptons revoir les structures concernant les services dispensés aux patients, et les rendre plus directs ».

Cela comprend l’accès aux médicaments et aux soins, l’éducation thérapeutique, entre autres. Et bien entendu, avec pour partenaire privilégié, la AIDS Unit et les médecins référents du ministère de la Santé.

Ce faisant, estime Dhiren Moher, « nous allons nous assurer que ces patients évoluent dans un circuit contrôlé et l’on dénombrera de moins en moins des patients que l’on perd de vue ! »

Ce qui frappe surtout Dhiren Moher et qui l’incite à « multiplier nos initiatives pour ramener les patients vers les soins, d’une part, et de renforcer nos efforts en matière de prévention primaire, encore et toujours, c’est le fait qu’en 2019, dans un pays où les médicaments sont gratuits, où toutes les conditions sont réunies pour que les PVVIH qui suivent leurs traitements ne devraient plus poser de risque de transmission du virus, ces dernières continuent à mourir ! »

Pour lui, c’est illogique et dramatique !

Le président de PILS retient que « nous sommes arrivés à un point, avec les progrès mondiaux, et du fait que les médicaments sont gratuits à Maurice, où les patients du VIH qui suivent avec soin leurs traitements et dont les charges virales sont devenues indétectables, ne représentent plus de risque de contamination pour les autres. »

Cependant, relève Dhiren Moher, il est inquiétant que malgré toutes ces facilités, des patients meurent toujours. Et d’ajouter : « Bon nombre commencent à suivre les traitements, puis les délaissent. Pour un grand nombre de raisons, on le sait. »

Dans le même souffle, il souhaite « redynamiser » les relations entre la société civile et les politiques.

« Il y a des cadres légaux qu’il faut qu’on retravaille. Je ne dis pas qu’il faut de nouvelles lois pour les PVVIH, mais il fait renforcer des cadres légaux et les élaborer pour s’assurer que les patients sont mieux encadrés. »

PILS demeurant le PR s’agissant du “Global Fund”. « Nous allons continuer nos actions auprès des associations et Ong qui œuvrent dans le secteur. Et nous allons également nous ouvrir à d’autres prestataires pour permettre encore plus d’interactions aux patients », a ajouté Dhiren Moher.