Les travailleurs étrangers recrutés par les entreprises mauriciennes auront désormais la possibilité de travailler dans l’île pour une durée maximale de huit ans, soit pour deux contrats successifs de quatre ans.
Une décision dans ce sens a été prise cette semaine par le comité ministériel sur l’emploi des travailleurs étrangers présidé par le Premier ministre adjoint, Xavier-Luc Duval.
D’autre part, pour chaque employé étranger recruté, un employeur devra embaucher un travailleur mauricien. De plus, si deux semaines après la soumission d’une demande concernant l’emploi d’un travailleur étranger auprès des autorités concernées aucune réponse n’est obtenue, l’employeur aura la possibilité de jurer un affidavit permettant aux travailleurs étrangers d’avoir un permis de séjour et de travail provisoire en attendant d’avoir leur permis de travail.
Cette mesure a été prise à la suite des revendications des employeurs du tourisme et du textile, qui se disent obligés de recourir à des expertises étrangères qui ne sont pas disponibles à Maurice.
Ce dossier devait être présenté aujourd’hui au conseil des ministres par le ministre du Travail, Soodesh Callichurn.
Interrogé à ce sujet, le CEO de l’usine de textile CMT, François Woo, qui s’était élevé contre les difficultés rencontrées pour le renouvellement des contrats des travailleurs étrangers (actuellement d’une durée de trois ans), a observé que cette mesure va dans le bon sens. « Si cette information se confirmait, cela représenterait un grand soulagement pour l’industrie du textile et tous ceux qui ont recours aux travailleurs étrangers. Nous pourrons ainsi avoir une plus grande visibilité et avoir l’espace nécessaire pour organiser nos commandes », dit-il. De plus, François Woo estime que cette mesure permettra non seulement de préserver mais également de créer des emplois pour les Mauriciens. Il a annoncé, par ailleurs, que depuis le début de l’année, la CMT a investi quelque Rs 200 M dans la modernisation d’une unité de filature située à La Tour-Koenig afin de mieux répondre à la demande internationale. Il a estimé que les développements de la CMT au Bangladesh et à Madagascar s’inscrivaient non pas dans une démarche de délocalisation mais dans une démarche d’élargissement de ses activités internationales.
Le comité ministériel sur l’emploi a soumis vendredi un premier rapport au Conseil des ministres.