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  • Lindsay Thomas (RCSSU) : « Au ministère d’envoyer les manuel directement aux collèges et nous ferons le nécessaire pour la distribution »
  • « Nos membres ne joueront pas les taximans », prévient l’UPSEE

Alors que le ministère de l’Éducation a décidé qu’il distribuera lui-même les manuels scolaires gratuits pour les Grades 7-9 et qu’il reviendra aux responsables des établissements d’en prendre livraison dans des endroits déjà identifiés, des réserves sont émises dans le milieu du secondaire privé. Si des responsables de collège expriment leur appréciation de la gratuité des manuels, en revanche, ils ne sont pas favorables à l’idée « d’aller chercher ces livres » en donnant plusieurs arguments. Pour sa part, la Private Secondary Education Authority avait prévu deux “briefing sessions” durant la journée aujourd’hui à l’intention des recteurs des “grant-aided schools” au sujet à la gratuité des manuels.

« Nous demandons au ministère de l’Éducation ou à la PSEA qui ont la logistique nécessaire de déposer ces manuels dans les collèges. Par la suite, avec la collaboration du personnel, nous nous chargerons de la distribution de ces livres aux élèves », a dit Lindsay Thomas, recteur du Collège Saint-Esprit et président de la Roman Catholic Secondary Schools Union (RCSSU – association des recteurs/assistants-recteurs du secondaire catholique).

« Il s’agit d’aller chercher plusieurs centaines de livres, voire des milliers pour certains établissements et nous n’avons pas les moyens nécessaires pour le faire en termes de personnel, de finances et de transport. En outre, cela requiert une organisation et nous avons d’autres priorités en cette fin d’année. C’est pour cette raison que nous demandons aux autorités de livrer les manuels directement aux collèges », a expliqué Lindsay Thomas.

Les dirigeants de la Managers Private Secondary School Union abondent dans le même sens. « Les manuels gratuits sont une bonne chose mais c’est au ministère d’assurer la distribution de ces livres. On ne peut imposer à la direction des collèges des tâches additionnelles auxquelles ils ne s’attendaient pas et pour lesquelles ils n’ont pas les ressources humaines nécessaires », réagissent des membres de ce syndicat.

D’autres chefs d’établissement affirment qu’ils devront obligatoirement louer un service de transport pour acheminer les centaines de livres. « Est-ce que la PSEA déboursera pour les frais de transport ? » demandent-ils. On relève aussi chez nos interlocuteurs certaines appréhensions par rapport au nombre de manuels qui seront remis aux collèges. « Est-ce que les collèges auront le nombre de livres requis pour chacune des matières ou devront-ils aller vérifier sur place le nombre d’exemplaires dans les boîtes avant d’en prendre livraison ? » redoutent ces personnes.

Pour leur part, les dirigeants de l’Union of Private Secondary Schools Employees (UPSEE) affirment que certains managers des collèges auraient commencé « à faire pression » sur des enseignants pour qu’ils soient au service de l’établissement pour transporter les manuels. « Plusieurs de nos membres nous ont téléphoné ces derniers jours pour faire part de la pression qu’exercent des managers sur le staff au sujet du transport des livres. Nos membres ne sont pas des taximans. Nou pe fer bann managers konpran ki zot pa kapav obliz bann ansegnan pou fer kours pou al rod liv », dira Bhojparsad, Jhugdamby, président de l’UPSEE.

Mais ce dernier tient à souligner que « les enseignants collaboreront pleinement avec l’établissement » pour la distribution des manuels aux élèves. Ce syndicat « félicite » le gouvernement pour cette décision de donner des manuels gratuitement et cette mesure, selon l’UPSEE, est « dans l’intérêt de tous les enfants de la République ». Le président de l’UPSEE souligne : « Puisque l’UPSEE soutient cette mesure, nos membres sont prêts à collaborer pour distribuer les livres aux élèves à l’intérieur de l’établissement. Nou pena oken problem a sa nivo-la. »

Par ailleurs, des membres de la Fédération des managers des collèges privés déplorent le fait que les autorités n’aient pas jugé important d’avoir des discussions avec les responsables des collèges avant de prendre une décision concernant la formule de distribution des manuels. « Si le ministère croit vraiment dans le partenariat, ils auraient dû organiser une réunion avec tous les “stakeholders” du secondaire et trouver ensemble la formule qui ne donnerait pas lieu à des critiques et pour éviter d’éventuels couacs dans la distribution », dit un des dirigeants de cette fédération.