Les marchands ambulants regroupés au sein de la Street Vendors Association (SVA) et de l’Association des Marchands Ambulants du Nord (AMAN) se réuniront ce soir à 20 h 30 au centre Idrice Goomany à Plaine-Verte pour décider de la marche à suivre. En effet, cela fait plus d’un mois que les colporteurs sont interdits d’opération dans un rayon de 500 mètres autour du Marché central. La décision du comité technique se fait quant à elle toujours attendre.
« Nous avons pris notre mal en patience et nous sommes fatigués d’attendre. Il est temps de prendre une décision », a déclaré le président de la Street Vendors Association (SVA), Hyder Raman, ce matin au Mauricien. Après plus d’un mois d’attente dans l’espoir que les autorités remédient à la situation, les marchands ambulants opérant à la gare du Nord, à la rue Farquhar et autour du Marché central se disent « désespérés ».
Le comité technique institué en vue de discuter des solutions ne parvient pas à trancher bien que trois sites potentiels aient déjà été identifiés et visités : l’ancien bâtiment de la National Transport Authority (NTA), la rue Monneron et la Place des Camions, située à proximité de la gare du Nord. Du côté des autorités, on souligne que « ce dossier épineux » est parsemé d’obstacles.
Par ailleurs, l’ordre de la Cour suprême est soutenu par les maraîchers regroupés au sein de la Market Traders Association, la Taxi Proprietors Union, les commerçants de la capitale et certaines associations socioculturelles. Après deux semaines de consultations, le comité technique institué à cet effet n’a pas été en mesure de trouver une solution au problème des marchands ambulants de la capitale.
Rappelons que les colporteurs ont été sommés à de nombreuses reprises depuis le mois d’août de ne plus opérer dans les lieux se situant dans un rayon de 500 mètres autour du Marché central. Ils poursuivent cependant leurs activités malgré la présence de policiers et d’officiers de la municipalité. Les réfractaires, suite au laxisme et la lenteur des autorités compétentes pour trouver une solution, disent ne plus pouvoir attendre que le gouvernement trouve une solution. « Nou ena fami pou nouri », se défendent-ils.
Dans le but d’accélérer la décision du gouvernement, les marchands ambulants ont tenu une manifestation, il y a deux semaines à la Place d’Armes, pour exprimer leurs griefs. Une protestation animée ayant nécessité un fort déploiement d’officiers de police, notamment ceux de la SSU, et qui a débouché sur de nombreuses arrestations pour le délit de « remaining in unlawful assembly after warning ». Plus d’une dizaine de colporteurs ont été appréhendés par la Central Investigation Division de Port-Louis Sud et relâchés après avoir signé une reconnaissance de dettes.
La rencontre de ce soir a pour but de faire état des difficultés encourues par les membres de la SVA et l’AMAN, de lister les démarches légales enclenchées par ces deux associations, de rappeler les correspondances envoyées au gouvernement tout en soulignant les « persécutions » des colporteurs durant les 33 jours (NdlR : correspondant à la période depuis laquelle la municipalité de Port-Louis et la police mettent en application cette interdiction). « Le but de la rencontre de ce soir est d’adopter une résolution à l’unanimité concernant la marche à suivre pour le sort des marchands ambulants », explique M. Raman. Parmi les colporteurs qui prendront la parole ce soir : Amit Neeamuth, Pama Sokalingum, Manzal Panchoo, Chota Hossenally et Hyder Raman. Les marchands ambulants de Port-Louis y sont conviés.