Alors qu’ils avaient signé une pétition pour réclamer une assemblée générale extraordinaire, les membres de la Mauritius Society of Authors (MASA) ont joué aux abonnés absents dimanche. Faute de quorum, celle-ci a été annulée. Le board a donc décidé d’aller de l’avant avec l’assemblée générale annuelle prévue en septembre. Mais pour les signataires de la pétition, les membres du board se serviraient d’arguments légaux pour refuser de répondre à leurs questions.
Cela fait plusieurs mois qu’ils demandaient une assemblée générale extraordinaire pour réclamer des comptes au conseil d’administration. Après une première tentative en janvier, ils ont finalement obtenu satisfaction à leur requête. Cependant, dimanche, à 9 h 30, ils étaient seulement 35 à répondre à l’appel, alors qu’il fallait en avoir le double pour constituer le quorum. Le board a alors pris la décision d’annuler l’exercice et d’aller directement à l’assemblée générale annuelle prévue en septembre.
Selon Meera Mohun, présidente de la MASA, le board n’a fait qu’appliquer les règlements en vigueur : « L’assemblée était prévue à 9 h. Le statut indique que s’il n’y a pas de quorum trente minutes après l’heure fixée, il faut la renvoyer. Mais dans ce contexte-ci, il s’agissait d’une assemblée générale extraordinaire. Il n’y a donc pas de renvoi, mais une annulation pure et simple. »
Cette décision de la direction est toutefois diversement commentée parmi les membres. Pour les signataires de la pétition, il ne s’agissait que d’une tactique pour refuser de répondre aux questions. « Depuis que je suis membre de la MASA, c’est la première fois que je vois une assemblée prévue à 9 h. D’habitude, elle est fixée à 10 h et on attend jusqu’à au moins 11 heures pour décider du quorum. Hier, justement, beaucoup de membres sont arrivés vers 11 heures, alors qu’on avait déjà pris la décision d’annuler l’assemblée », regrette le producteur Michael Veeraragoo.
Cet argument fait écho auprès de Gérard Louis qui se demande si la direction de la MASA n’est pas au courant que « beaucoup de membres, surtout les musiciens, travaillent jusqu’à fort tard le samedi et c’est la raison pour laquelle les assemblées étaient fixées plus tard dans le passé. »
Michael Veeraragoo indique qu’il ne compte pas rester les bras croisés face à cette situation et qu’il compte demander des avis légaux avant de décider de la marche à suivre.
Mais pour Meera Mohun, la MASA n’a fait qu’appliquer les règlements. « Le statut stipule que si nous ne respectons pas les règles concernant l’heure, les décisions prises à l’assemblée peuvent être renversées par n’importe qui à n’importe quel moment. »
Elle laisse toutefois entendre que le board a pris note de la requête des membres et que l’assemblée générale prévue en septembre se fera à 11 h.
Sollicité par Le Mauricien, Richard Hein, membre élu de la MASA, dit lui regretter que l’assemblée n’ait pas eu lieu, car il y avait des informations importantes à communiquer. « Il y a eu récemment une grosse campagne de désinformation. Cette assemblée aurait été l’occasion de rétablir les faits. »
Richard Hein émet toutefois l’idée d’envoyer un courrier aux membres afin de leur faire part des messages importants. « Je pense que faute d’avoir tenu cette assemblée, nous pouvons tout de même les tenir au courant de la situation et leur dire quel est le travail qui a été accompli. Je ferai cette proposition au board. »