Après les mécontentements qui ont secoué la MASA à la fin de décembre, les artistes, membres de cette société, réclament le retour du directeur Gérard Louise et du responsable de la répartition Harold Lai, suspendus dans le cadre d’enquêtes judiciaires liés aux droits d’auteur. Ils maintiennent également leur demande pour une assemblée générale extraordinaire avant la fin de janvier, en présence de ces deux personnes.
L’absence d’un directeur se fait sentir depuis quelque temps à la Mauritius Society of Authors (MASA) de par la difficulté à mettre en oeuvre certains projets. Cela a été souligné par les membres élus de la société dans un communiqué émis en décembre. Le dernier exercice de distribution, ayant provoqué la colère des artistes, a aussi démontré à quel point l’absence du responsable de la répartition faisait défaut.
Partant de ce constat, les membres ont décidé de réclamer le retour de Gérard Louise et d’Harold Lai qui occupent respectivement les fonctions de directeur et de responsable de la répartition. Cette demande est surtout motivée du fait que « la MASA débourse quelque Rs 100 000 chaque mois pour payer ces deux personnes suspendues alors qu’elles auraient pu contribuer au bon déroulement de la société », soutient l’artiste et producteur Gérard Louis. Ce dernier fait partie d’un collectif d’artistes regroupant, entre autres, Dalon, Jean-Claude Gaspard, Roger Clency, Basant Sewpaul, la société ADAM, Sandra Mayotte, Nancy Dérougère et Mario Justin.
La demande pour le retour de Gérard Louise et d’Harold Lai avait déjà été faite lors d’une réunion avec les membres du conseil d’administration le 28 décembre. « Le board nous a laissé entendre que ce serait illégal de faire revenir ces deux personnes. Mais puisqu’il faut attendre la fin des enquêtes respectives pour savoir si elles sont coupables, autant les laisser travailler. Car entre-temps, la MASA n’a plus de colonne vertébrale et continue de se ruiner. Nous avons aussi notre mot à dire sur la question, étant donné que ces deux personnes sont payées avec notre argent », poursuit Gérard Louis.
Les artistes réclament ainsi une assemblée générale extraordinaire en présence des deux personnes suspendues avant la fin de ce mois. « À chaque fois que nous posons une question au board, on nous dit qu’on ne peut répondre car cela relève de la responsabilité de Gérard Louise ou d’Harold Lai. Autant donc que ces personnes soient là le faire. » Plusieurs artistes ont signifié leur intention de démissionner de la MASA pour s’enregistrer auprès de la SACEM à La Réunion si les choses n’évoluent pas d’ici la fin de janvier.
Le directeur de la MASA Gérard Louise a été suspendu de ses fonctions en juin 2011 dans le sillage de l’affaire Sony Music. Audrey Lamarque, qui affirme être la représentante de ce label à Maurice, reprochait à la MASA d’avoir autorisé la réalisation d’une compilation contenant des morceaux du catalogue Sony Music, dont le célèbre Waka Waka de Shakira. En l’absence de Gérard Louise, c’est le responsable du département de la répartition Harold Lai qui assumait la suppléance. Mais ce dernier a lui aussi été suspendu l’année dernière suite à une plainte de Méli Mélo Music. Bee Vedachellum, propriétaire de cette maison de disques, reprochait à la MASA d’avoir autorisé à un concurrent, en l’occurence Harbour Music, de reproduire des albums d’artistes décédés qu’il avait réalisés, soit ceux de Kaya, Berger Agathe et Gérard Bacorilall.