La démarche d’un groupe d’artistes pour la réintégration de Gérard Louise et d’Harold Lai ne fait pas l’unanimité parmi les membres de la Mauritius Society of Authors (MASA). Ils sont nombreux à préférer la mise en place d’un nouveau board et le recours aux compétences d’un expert pour la répartition des droits d’auteur. L’autonomie de la société revient également au coeur des débats.
Plusieurs membres de la MASA ont contacté Le Mauricien suite à la conférence de presse animée par l’artiste et producteur Gérard Louis réclamant la réintégration du directeur et du responsable de la répartition à la société. « Il y a un groupe d’artistes qui veut le retour de Gérard Louise et d’Harold Lai, mais pas tous », précisent-ils.
De son côté, Sedley Assonne, ancien membre du board de la MASA, a aussi réagi à cette demande. Dans une lettre envoyée à la rédaction, il affirme que « dans un État de droit, il vaut mieux laisser la justice suivre son cours », tout en rappelant que les principaux concernés sont présumés innocents.
Sedley Assonne fait plusieurs suggestions pour le bon fonctionnement de la MASA : la démission de la présidente, Meera Mohun et des membres du board, puisqu’ils n’arrivent pas à s’entendre ; le rétablissement des employés dans leurs droits ; le recours à un expert en informatique pour mieux maîtriser le système des données de la répartition, entre autres.
Il s’interroge également sur le rôle du ministère des Arts et de la Culture dans cette situation. « En accordant un grant à la MASA, l’État n’a-t-il pas aussi son mot à dire dans la gestion quotidienne de l’organisme ? Quel est le rapport fait, en un an du mandat Mohun/board, par les fonctionnaires qui y siègent ? »
Sedley Assonne reproche également au ministère d’avoir nommé Meera Mohun à la présidence de la MASA « malgré le fait qu’elle n’a pas été élue lors des élections des membres du conseil d’administration. L’État aurait dû tenir compte de ça, et ne pas faire comme en politique, à savoir nommer une “Best Loser”. »
Dans un tel contexte, Sedley Assonne est d’avis que l’indépendance de la MASA est plus que jamais d’actualité. « Si l’État a vraiment à coeur l’intérêt des artistes, que Mookhesswur Choonee amende les statuts de la MASA, pour lui accorder sa pleine autonomie. »
Gérard Louise et Harold Lai ont été suspendus de leur fonction dans le cadre d’enquêtes judiciaires.