La Maritime Transport and Port Employees Union (MTPEU) se dit d’attaque pour une nouvelle bataille légale contre le management de la Mauritius Shipping Company Limited. La compagnie a signifié son intention d’avoir recours au Privy Council dans le procès que lui intentent 11 licenciés. Le 21 août, la Cour suprême a maintenu la décision de l’Employment Rights Tribunal, sommant la Mauritius Shipping Company Limited de payer des indemnités de Rs 30 millions aux licenciés.
D’emblée, le syndicat a rappelé que c’est en pleine période de fête de fin d’année que 16 employés de longue date de la Mauritius Shipping Company Limited (MCML) ont été licenciés « sans raison valable ». Il estime qu’il s’agit là d’un acte politique, étant donné que ces licenciés ont été accusés d’être proches de l’ancien régime. Or, fait ressortir le syndicat : « Certains comptaient plus de 20 années de service, soit bien avant que l’ancien régime ne soit au pouvoir. Qui plus est, des 60 personnes identifiées au départ, seules 16 ont été licenciées. D’autres ont été sauvées in extremis de par leur proximité avec les partis au gouvernement. »
L’Employment Relations Tribunal (ERT), sollicité dans cette affaire, avait donné gain de cause aux licenciés, sommant la MCML de verser des indemnités de Rs 30 M aux licenciés. Mais la compagnie avait fait une demande de révision judiciaire en Cour suprême. Demande qui a été rejetée le 21 août dernier. Pour le président de la MTPEU, Tirth Prayag, la cour est venue confirmer qu’il s’agissait bien d’un « licenciement politique ». Dans ce contexte, le syndicat est armé pour aller de l’avant dans son combat. MCML ayant signifié son intention de se tourner vers le Privy Council, le syndicat se dit prêt à se lancer dans cette nouvelle bataille. « Ce n’est pas la première fois que nous serons au Privy Council. Comme en 1983, nous sommes sûrs que nous en sortirons gagnants », dit Ibrahim Moossa de la MTPEU.
Ce dernier a présenté une liste de nouvelles recrues de la MCML, dont certaines ont même été confirmées à leur poste récemment. « Si la compagnie était en difficulté, elle n’aurait pas été en mesure de recruter d’autres personnes. Qui plus est, parmi ces recrues, on retrouve deux proches du président, Jawaharlall Lallchand. On retrouve également le frère du député Alain Aliphon. On a dit, dans le cas des licenciés, qu’ils n’étaient pas qualifiés. Quelles sont les qualifications de ces derniers ? », se demande-t-il.
Pour le négociateur Ivor Tan Yan, la démarche du MCML est grave dans le sens où « une compagnie d’Etat vient contester un ordre du ministère du Travail ». Qui plus est, souligne-t-il, aller devant le Privy Council représente un « gaspillage des fonds publics ». Car le syndicat est confiant qu’il en sortira gagnant. « Nous ne permettrons pas qu’on dépossède les travailleurs de leurs droits ».
Dans ce contexte, le syndicat réclame la démission du président de la MSCL, Jawaharlall Lallchand, et du directeur, Rishi Ronoowah. Le syndicat critique également la MSCL sur sa responsabilité d’approvisionnement et de déplacement vers les îles de la République. « Après avoir vendu le Mauritius Pride, il paraît qu’on a l’intention de mettre un terme à ce business. Beaucoup de Rodriguais et d’Agaléens comptent sur ce moyen de transport pour venir à Maurice. Si tel est le cas, ce sera une atteinte à leur liberté de mouvement tel que prévu dans la Constitution. »