Le président de la Chambre de Commerce et de l’Industrie de Maurice (MCCI), Ganesh Ramalingum, estime que l’économie mauricienne tourne au ralenti, « peut-être à cause d’un manque de confiance de la part des investisseurs et des gens d’affaires dans certains secteurs de l’économie ». Les seuls trois secteurs où l’on investit encore, dit-il, sont les BPO Call Centres, la pêche et les finances. Dans les autres secteurs, il souhaite un encouragement de la part du gouvernement dans l’investissement au capital productif.
Faisant un survol de l’économie pour Le Mauricien, le président de la MCCI rappelle que son organisation a clairement fait ressortir depuis un certain temps que la croissance cette année ne dépassera pas les 3% alors que certaines autres institutions misaient entre 3,7 et 3,9 %. « Tout le monde réalise maintenant qu’elle ne dépassera pas les 3%, ce qui donne raison à la Chambre », a-t-il dit, avant d’expliquer le mécanisme mis en place par la MCCI pour faire des prévisions concernant la croissance économique. « Dans ce mécanisme, nous prenons les statistiques venant de tous les secteurs économiques. On essaye de comprendre plusieurs choses dont les investissements, ce que font les entreprises pour stimuler la croissance, le contexte local et international, les importations et le capital, surtout celui qui est productif. C’est là que nous constatons que l’économie tourne au ralenti », a-t-il fait ressortir.
Interrogé sur la contribution des micro-entreprises à la croissance de l’économie en général, Ganesh Ramalingum indique que bon nombre de celles-là ne sont pas enregistrées auprès des autorités mais sont quant même très importantes, contribuant au développement du pays. Il cite en exemple les vendeurs de nourriture (fast-food), les petits ateliers où l’on répare les bicyclettes et les motocyclettes, entre autres, qui emploient souvent deux ou trois personnes voire plus. « Si les promoteurs de ces micro-entreprises mêmes ne travaillaient pas, ils auraient été chômeurs et n’auraient pu offrir des emplois à d’autres. Il nous faut encourager ces micro-entreprises qui emploient quelques personnes car au bout du compte ça fait un gros paquet d’emplois que l’on est en train de créer ». M. Ramalingum estime qu’il y a une grande demande pour les fast-food car n’ayant pas le temps de cuisiner, beaucoup de personnes mangent dans la rue. « Encore faut-il que ce service soit disponible. Pour cela, le gouvernement doit mettre des moyens à leur disposition pour qu’ils opèrent et croissent convenablement, et surtout les encourager à faire ce qu’ils savent mieux faire », ajoute-t-il.
D’un autre côté, poursuit notre interlocuteur, les micro-entreprises doivent respecter les règles et les procédures mises en place par les autorités locales ou gouvernementales. « Si des micro-entreprises dégagent un problème de pollution ou d’ordre environnemental, il faut les rappeler à l’ordre, surtout dans le cas des fast-food où il y aurait un problème d’hygiène et sanitaire. Dans certains cas, il faut même les aider à se débarrasser de tels problèmes et aussi les former dans divers domaines ». Il estime que ces micro-entreprises reflètent l’image de Maurice auprès des touristes.