Notre pays a besoin d’un changement politique. La question est : par quelle voie politique ?
Certains d’entre nous diront qu’il faut se réveiller et agir. Je n’entends que ça autour de moi. Propositions : Il faut descendre dans la rue, mobiliser la population, se soulever… Il y a deux possibilités : éteindre le feu qui sommeille par la révolte sans lendemain ou rallumer la flamme de la politique par la révolution.
On n’a qu’à suivre ce qui se passe en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Bulgarie, au Brésil, au Chili, en Tunisie, en Égypte, en Syrie, en Iran, en Iraq, au Congo, au Mali, au Cambodge, en Birmanie, en Russie, en Chine et dans beaucoup d’autres pays encore et relire le texte de Rosa Luxembourg « Revolt and Revolution » pour comprendre ce qui se passe et ce qui va se produire ici comme dans presque tous les pays du monde.
Ce qu’il faut éviter donc c’est se transformer en pompiers. Mais les journaux aiment ça. S’il y a chaque jour l’arrestation d’un escroc, d’un arnaqueur, d’un violeur ou d’un assassin, d’un politicien ou d’un notable… S’il y a chaque jour une dénonciation de corruption et de fraude suivie d’une arrestation tout va très bien pour tous les acteurs de l’évènementiel. Si on y ajoute une manifestation, la journée aura été bonne. Même excellente. Le lendemain on oubliera tout pour s’occuper d’autres évènements. Des évènements chassent d’autres évènements. Constat : aucun changement. Juste la confirmation que notre société est gravement atteinte d’une maladie. Celle de l’accaparement.
Nous traversons une crise de société (crise institutionnelle, crise sociale, crise morale, crise de leadership etc.). Le problème n’est pas uniquement la situation de crise généralisée mais l’incapacité de notre société de se reconstruire. Nous sommes dans une situation marquée par trois absences : celles des idées ; celle de la cohésion entre les forces de changement et celle des structures organisationnelles de nature proto-alternative.
On me dira qu’il faut faire des propositions. Qu’il faut se réveiller et réfléchir. Qu’il faut créer un parti politique. Qu’il faut proposer un programme. Qu’il faut mobiliser les citoyens par la propagande et l’agitation. Certains parlent de troisième force. D’autres cherchent un leader. Je parle de troisième voix et de deuxième force.
Il y a tellement d’opportunistes qui veulent sauter sur l’occasion que je me demande si cet opportunisme-là ne représente pas un plus grand danger. Je ne suis pas pour agir dans le cadre des contradictions qui soulèvent les citoyens dans le seul but de sauter sur chaque occasion pour se porter comme l’alternatif. Pour espérer (désespérément) ensuite que la roue de l’histoire tourne. Cette roue-là va tourner bien autrement.
Par ailleurs, je ne crois pas dans la révolte, dans le rôle de pompier politique, dans le parti politique et dans le leader. J’expliquerai pourquoi dans un autre texte. Ces questions ne se posent pas aujourd’hui.
L’objectif de ce présent texte consiste à émettre des propositions concrètes à ceux qui osent penser et agir dans un cadre purement individuel pour qu’ils se rassemblent dans l’action et dans la réflexion collectivement. Il faut combiner les deux pour changer les choses.
La première question que je leur pose est la suivante : ai-je raison de dire que la personne humaine en société cherche trois choses qu’elle pense indispensables : la sécurité, la liberté et la justice ?
Dans le cadre de ce que j’avance je fais dix propositions que je considère les plus importantes, complémentaires, et sur lesquelles on peut agir concrètement et immédiatement. Ma deuxième question est : serait-il possible de construire le changement à partir de ces propositions ? Dans l’affirmative c’est à ceux qui pensent ainsi qui doivent décider de la forme de rassemblement qu’il faut.
Je les ai regroupés sous cinq axes : 1) constitutionnel ; 2) social ; 3) institutionnel ; 4) économique et 5) culturel. Je les propose en ordre prioritaire :