Dans son homélie à la traditionnelle Messe de la Saint-Louis, lundi dernier, le vicaire général du diocèse de Port-Louis, le père Jean-Maurice Labour, a identifié le vivre-ensemble harmonieux comme le défi majeur du monde contemporain. Citant le projet Kleopas mis en chantier depuis l’an dernier dans les institutions scolaires catholiques, il devait soutenir que c’est sur les bancs de l’école que doit se construire la connaissance juste de l’autre.
Le vicaire général explique qu’au fil des siècles, des chrétiens ont toujours cherché à s’inspirer de leur foi en vue d’un engagement pour la construction d’une société de paix et de partage. Pour lui, le défi majeur du monde contemporain est celui du vivre-ensemble harmonieux.
Le père Labour trouve, ainsi, qu’au plan local, la coexistence pacifique «souvent flattée» cache, fréquemment, «un communalisme religieux et culturel bien présent et agissant». Il rappelle, à cet effet, que la Commission Vérité et Justice a regretté, dans son rapport, l’absence, depuis l’Indépendance, d’un programme d’éducation à l’interculturel.
Jean-Maurice Labour rappelle, de même, que dans une récente interview, le père Philippe Goupille, président du Conseil des Religions, regrettait la «grande indifférence» des uns et des autres par rapport à la religion de l’autre. D’où, souligne-t-il, l’initiative du Conseil des Religions de lancer, avec la collaboration de l’Université de Maurice, le cours de formation à l’interculturel et à la Paix.
Le vicaire général indique, d’autre part, qu’au niveau de l’Eglise catholique, le Centre diocésain de Pont-Praslin offre, depuis 20 ans, des sessions de formation interreligieuse. Pour lui, un dialogue fécond en vue de la construction d’une société de paix doit viser au-delà de simples prières interreligieuses le temps d’événements ponctuels.
«Les extrémistes religieux disqualifient leur religion respective quand leurs fondamentalismes ne sont pas dénoncés par leurs coreligionnaires modérés», souligne le père Labour. Il estime que les conflits interreligieux les plus médiatisés et sanglants sont la conséquence de «l’utilisation politique des religions, souvent avec la complicité de religieux».