Les nouveaux demandeurs de méthadone, médicament substitutif destiné aux toxicomanes, se verront proposer des traitements alternatifs suite à un screening qui sera effectué par le ministère de la Santé, a déclaré Anil Gayan lors d’une rencontre avec la presse hier après-midi pour passer en revue l’actualité de son ministère. Le ministre de la Santé a néanmoins indiqué que le programme de méthadone pour les patients qui en bénéficient déjà se poursuivra.
Anil Gayan n’a pas donné plus de détails sur les traitements alternatifs des nouveaux patients, se contentant de dire que « ce sera aux médecins d’en décider. Il ne peut y avoir d’addiction permanente ». Il a indiqué que le ministère songe à un accompagnement psychosocial pour inciter les ex-toxicomanes à abandonner la méthadone. « L’État ne peut être un fournisseur de dangerous drugs », a affirmé le ministre de la Santé. Il a annoncé qu’un Observatoire permanent pour la drogue sera constitué après l’aval du Conseil des ministres pour obtenir des informations et contrôler la toxicomanie. À noter que le budget annuel du ministère de la Santé pour le traitement à la methadone est de Rs 50 millions.
Le ministre de la Santé est rentré avant-hier d’Addis Abeba où il était en mission pour la formation du personnel médical après un passage à Nairobi où il a eu des entretiens sur la lutte contre le cancer. Il a également évoqué les conséquences des drogues synthétiques ayant entraîné l’hospitalisation d’enfants et le décès d’un jeune homme. Il a appelé parents, enseignants et citoyens à dénoncer les sources des drogues synthétiques. « Le combat contre la drogue est celui de toute la nation », dit-il.
Le ministre de la Santé a ensuite apporté des précisions au sujet de l’importation de l’amiante à Maurice. Il n’y a aucune possibilité, affirme-t-il, d’importer de l’amiante. Il y a une législation à ce propos. Et, ajoute-t-il, le ministère des Finances allouera les fonds nécessaires pour enlever l’amiante des maisons construites par la Central Housing Authority (CHA) et partout où il y en a. Le gouvernement a confié cette responsabilité au ministre des Terres et du Logement Showkutally Soodhun.
M. Gayan a aussi commenté la pollution sonore des lieux de culte. Il a indiqué que le public peut adresser des doléances à un département du ministère de la Santé pour que le son émis soit réglé selon les normes légales. Par ailleurs, au sujet du décès à l’hôpital d’un patient suite à une perfusion avec un médicament expiré, le ministre a déclaré qu’une enquête est en cours et que des sanctions seront prises dès que les responsabilités seront établies. Le ministère de la Santé, dit-il, prendra des mesures pour déterminer les risques liés à l’expiration des produits pharmaceutiques.
Une délégation conduite par le ministre de la Santé se rendra à Agalega pour améliorer le système de santé dans l’île en consultation avec les habitants. Anil Gayan a annoncé la tenue d’un atelier de travail à l’hôpital Victoria à Candos le 22 août pour discuter des dons d’organes avec les stakeholders, le premier qui s’est tenu le mois dernier n’ayant pas obtenu le succès escompté. « Il y a 1 200 à 1 300 personnes qui font des dialyses. Leur qualité de vie serait améliorée si elles ont des dons de rein pour des transplantations. Le don d’organes est de vivant à vivant, de personne décédée à vivant ». Jusqu’ici, constate-t-il, il y a un vide juridique concernant le don d’organe d’ami à ami, la loi faisant référence aux liens de parenté du donneur. Le ministre a aussi annoncé que le système de numérotation électronique entrera bientôt en vigueur pour l’attente des patients dans les hôpitaux. Il a par ailleurs soutenu que la violence physique et verbale dans les hôpitaux envers le personnel médical ne sera plus tolérée et que la police a reçu des consignes pour agir selon la loi. En outre, des personnes déléguées par le ministère de la Santé sont en poste dans les hôpitaux pour aider le public à remplir des formulaires qu’il pourra mettre dans des complaints boxes.