Avec les conclusions de l’exercice de Due Diligence entrepris par un consultant indien sur le projet de métro-léger, une nouvelle étape est franchie depuis la fin de la semaine dernière. Des consultants de la Singapore Cooperation Entreprise sont actuellement à Maurice pour des discussions avec le gouvernement au sujet du design et du plan d’exécution de ce projet d’envergure, nécessitant des investissements de l’ordre de Rs 23 milliards. Les premiers détails disponibles indiquent qu’avec l’exercice d’appel d’offres programmé pour l’année prochaine, le démarrage de cet imposant chantier entre Curepipe et Port-Louis devra démarrer vers la fin de 2013. C’est du moins l’avis des spécialistes de la question.
Dès le début de cette semaine, la mission singapourienne entamera des consultations techniques avec la partie mauricienne appelée à piloter cet important projet, dont le but est de transformer le mode du transport en commun à Maurice avec l’entrée en opération quasi simultanée des routes à péage (Toll Roads) autour de la capitale. Les renseignements glanés de sources sûres confirment que les experts de la Singapore Cooperation Enterprise ont été choisis pour agir en tant que consultants pour le compte du gouvernement dans l’exécution de ce projet.
Les discussions et consultations entre les Singapouriens et le gouvernement s’échelonneront sur un mois et toucheront une gamme de dossiers de nature technique aussi bien qu’économique et sociologique. Le mandat initial des Singapouriens portera sur l’identification du tracé entre Curepipe et Port-Louis pour accueillir le Light Rail System, le design du projet, l’élaboration de l’étude de viabilité économique, la préparation des documents d’appels d’offres, de même que les possibilités d’extension ultérieure du métrol-léger vers Grand-Baie au Nord et vers Mahébourg au Sud. Les Singapouriens devront également déterminer le type de métro-léger le plus approprié et le plus adapté au contexte et aux besoins de Maurice.
Les premiers échanges ont confirmé que le tracé de l’ancien railway track entre Curepipe et Port-Louis ne sera pas retenu pour le projet de métro-léger. L’option de la réalisation du projet sur pilotis a été confirmée par les Singapouriens après consultations avec les autorités mauriciennes. Cette décision a été entérinée pour des raisons pratiques aussi bien que techniques, même si le coût de construction sera supérieur.
« Si l’ancien tracé ferroviaire entre Curepipe et Port-Louis était maintenu, le métro-léger serait passé à côté d’importants développements socio-économiques dans la région d’Ebène avec la Cybercity et de Bagatelle, avec l’une des plus importantes zones commerciales de l’île. Le tracé réaligné, qui attend d’être mis au point, desservira ces agglomérations à haute valeur ajoutée », a fait comprendre à Week-End une des sources familières avec le projet de Light Rail System.
Un autre changement majeur, qui est confirmé est que le projet de métro-léger sera construit sur pilotis sur quasiment tout le trajet initial entre Curepipe et Port-Louis. « Le tracé ferroviaire représente un Single Lane et si le projet intial était maintenu, des acquisitions obligatoires de terrain s’avéreraient nécessaires pour accommoder le trafic du métro-léger dans les deux sens. Par contre, avec les pilotis, ces contraintes majeures devraient être évitées avec des économies en temps et en argent en terme d’acquisitions obligatoires dans l’exécution des travaux », indique-t-on de sources autorisées.
Au cours de la présente mission, les consultants de Singapour devront également effectuer des descentes des lieux sur le terrain pour confirmer leurs findings topographiques entre Curepipe et Port-Louis. Ils visiteront également le Nord et le Sud car dans un deuxième temps, le gouvernement ambitionne d’étendre le métro-léger jusqu’à Grand-Baie au Nord et jusqu’à Mahébourg. L’étude de faisabilité devra tenir compte de ces possibilités.
Le calendrier de travail envisagé est que tous les accords et documents soient signés avec les Singapouriens d’ici la fin de ce mois avec le début des études techniques et économiques entamé tout de suite après. Le lancement des appels d’offres pour les travaux sur le chantier est prévu dans un délai de 12 mois avec le premier coup de pioche vers la fin de 2013.
Les sources de financement pour les travaux demeurent toujours au centre de l’actualité avec la formule de Public Private Partnership (PPP) privilégiée. A ce stade, le gouvernement préfère mettre l’accent sur les préparations des documents d’appels d’offres et autres études techniques avant de s’engager dans l’étape du montage financier. Même si dans certains milieux à l’Hôtel du gouvernement, l’on maintient que la Banque mondiale aurait dû être on board dès maintenant.