Depuis le jour de Noël, des développements majeurs sont enregistrés dans le meurtre du jeune Barthelemy Azie, âgé de 17 ans, commis le 1er août 1999 à Montagne-Malgache, dans les parages de Cascade-Victoire. Quatre prévenus, sur les sept personnes placées en état d’arrestation, sont soupçonnés d’avoir joué des rôles de premier plan dans l’agression mortelle de ce jeune Rodriguais, habitant Roche-Bon-Dieu, et également la tentative de dissimuler le cadavre de la victime. Des ossements et des effets personnels de Barthélemy Azie avaient d’ailleurs été retrouvés sur le flanc de la Montagne-Malgache fin août, relançant cette affaire. Cette nouvelle étape pourrait bien mettre hors de cause deux autres Rodriguais, en l’occurrence Richard Casimir et sa compagne, une dénommée Mme Bégué, longtemps perçus comme ayant une part de responsabilité dans ce meurtre.
Des recoupements d’informations auprès de sources concordantes à Rodrigues indiquent que les prochaines séances d’interrogatoire des quatre protagonistes s’annoncent déterminantes. Cependant, à ce stade de l’enquête, un élément crucial manque, dans la mesure où l’instigateur présumé de l’agression de Barthélemy Azie, connu sous le nom de Dada Missie, est décédé depuis l’année dernière. Le fils de Dada Missie, Jean-Marc Augustin, boutiquier de son état, âgé de 46 ans, est toutefois présenté comme le suspect No1 dans le cadre de cette enquête.
Les trois autres complices présumés sont Jean-Karl Casimir, un chauffeur de 40 ans habitant Papayes, Joseph Merge Jolicoeur, 40 ans, et Jean-Michel Jolicoeur, 43 ans, tous deux pêcheurs habitant Montagne-Malgache. Depuis leur arrestation fin de semaine dernière, tous quatre ont rejeté les accusations portées contre eux dans le meurtre de Barthélemy Azie. A ce stade, un premier détail n’aura pas échappé à l’attention des enquêteurs du poste de police de Grande-Montagne, menés par l’inspecteur Moorgehn et le sergent Félicité, sous la supervision du Chief Officer of Police (COP), le surintendant Nazeer. Le cadavre de Barthélemy Azie avait été découvert et déterré par la police fin août de cette année, soit 14 ans après le crime, à un endroit dans les parages de Cascade-Victoire, soit à moins d’un kilomètre des lieux d’habitations de ces quatre suspects. Ce fait ne constitue nullement un des éléments de Prima Facie Evidence, même s’il peut aider les enquêteurs à réorienter l’enquête.
D’autre part, ce matin, les policiers affectés au poste de Grande-Montagne, engagés dans cette enquête, ont procédé à une huitième interpellation. Lolol Ravina, qui se trouvait dans l’enceinte du tribunal de Port-Mathurin en marge de la comparution des prévenus dans l’enquête, a été interpellé après confirmation de son identité. Son nom figure sur la liste des personnes susceptibles de faire la lumière sur cette sinistre affaire. Tous les suspects ont été reconduits en cellule policière jusqu’au 7 janvier après leur comparution ce matin devant la magistrate Bhogun, siégeant au tribunal.
Ce matin, les responsables de cette enquête policière envisageaient la possibilité d’organiser une première reconstitution des faits sur la base des témoignages de Richard Casimir et de sa compagne, Jenna Bégué. Depuis la disparition de Barthélemy Azie, après la journée de régates à Mourouck le 1er août 1999, Richard Casimir avait été soupçonné comme étant le Prime Suspect, mais les dernières séquences du drame de la soirée du 1er août 1999 devraient le mettre hors de cause.
L’un des premiers faits vérifiés, et vérifiables, est que Barthélemy Azie avait eu un accrochage initial avec ce même Richard Casimir. Ce dernier n’aurait nullement apprécié le comportement de la victime lors de cette journée de régates à Mourouck. De vives altercations auraient éclaté entre les deux hommes au sujet de Jenna Bégué.
Devant la pression exercée par Richard Casimir, Barthélemy Azie aurait été victime d’une crise d’épilepsie, dont il souffrait. Quand il est tombé, des personnes seraient venues à son secours en lui prodiguant des soins. Un peu plus tard, après la manifestation de régates – et remis de ses émotions –, il devait reprendre son chemin pour rentrer chez lui, à Roche-Bon-Dieu.
De véritables problèmes allaient surgir pour Barthélemy Azie quand il est arrivé au village de Montagne-Malgache, plus particulièrement dans les parages de la Boutique Dada Missie. Une version des faits avance que, pour des raisons à être déterminées et vérifiées, le dénommé Missié Dada, qui n’est autre que le père de Jean-Marc Augustin, aurait trouvé à redire quant à la présence de Barthélemy Azie au village à cette heure tardive.
Le dénommé Dada Missié aurait alors donné des consignes à des personnes se trouvant dans les environs « pou donne li ene koreksyon ». Toutefois, le véritable casse-tête des enquêteurs est qu’il n’existe aucun moyen de vérifier ce détail précis car le dénommé Dada Missie est décédé depuis l’année dernière. Après l’agression, Barthélemy Azie avait été abandonné dans un canal en bordure de route.
Toutefois, tard dans la nuit, les complices présumés de Dada Missié auraient constaté que la victime aurait rendu l’âme. Ils devaient alors traîner le corps de Barthélemy Azie sur un kilomètre des lieux de l’agression avant de l’enterrer sur le flanc de Cascade Victoire, dans une région boisée et difficile d’accès. Un autre suspect ayant participé à l’opération visant à dissimuler le cadavre de Barthélemy Azie est également décédé depuis 2010. Il a été victime d’une noyade au large de Port-Sud-Est.
Cette nouvelle version des faits est différente de celle qui avait été communiquée par le biais d’une lettre anonyme aux proches de Barthélemy Azie il y a quelque temps. Cette lettre de dénonciation avait été écrite par une des proches de Richard Casimir sur la base d’informations qui lui auraient été communiquées par un autre suspect, Georges Emilien, habitant Saint-François, et qui est également sous le coup d’une arrestation.
Une douzaine d’années après le meurtre de Barthélemy Azie, et probablement pris de remords devant le fait que Richard Casimir avait été injustement inquiété par la police dans cette affaire, le dénommé Georges Emilien aurait pris la décision de révéler certains détails du crime. La police de Rodrigues continue d’approfondir la piste de la lettre de dénonciation en vue de déterminer s’il n’y a pas eu de tentative délibérée en vue de désorienter l’enquête.
Aux dernières nouvelles, Richard Casimir et sa compagne, Jenna Bégué, pourraient être traités comme des témoins à charge du ministère public contre les autres suspects, qui continuent de nier toute participation dans ce meurtre qui remonte à plus de 14 ans. Les enquêteurs se concentrent sur les dépositions et interrogatoires de Richard Casimir et de Jenna Bégué avant de s’attaquer aux autres suspects dans les jours à venir.