Vinay Sohun, laboureur de 42 ans, a été condamné hier à 25 ans de prison par le juge Benjamin Marie-Joseph, siégeant aux Assises. Poursuivi pour le meurtre de son épouse, Jayshree, commis le 9 février 2014, il avait plaidé coupable sous une charge réduite de “manslaughter”. Appelé à la barre des témoins, l’accusé, père de deux mineurs, avait demandé à la cour de lui accorder une chance de refaire sa vie et de s’occuper de ses enfants. S’appuyant sur le fait que la cour a « le devoir d’envoyer un signal fort » pour décourager ce genre de crime passionnel, le juge l’a condamné à 25 ans de prison.

En rendant le jugement hier, le juge de la Cour d’assises est revenu sur les circonstances de ce drame. Il s’est attardé sur le fait que Vinay Sohun a pris la vie de sa femme et la mère de ses deux enfants dans un accès de colère. « Accused commited an irreparable act of intentionally taking the life of a person », a soutenu le juge Benjamin Marie-Joseph. Six témoins avaient été appelés à la barre dans le cadre de ce procès, à savoir le Main Enquiring Officer, les officiers, qui avaient sécurisé les pièces à conviction et pris des photos, ainsi que le No 1 du département médicolégal, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, qui avait pratiqué l’autopsie. Celui-ci avait attribué la mort à des « shocks caused by stabbed wound at chest and abdomen ». Le médecin légiste a confi rmé que la victime ne portait « aucune autre blessure ».

Vinay Sohun a tué son épouse de 35 ans en lui infl igeant quatre coups de couteau. Une dispute, portant sur des allégations d’infi délité à l’égard de Jayshree Sohun avait éclaté au sein du couple. La situation a alors dégénéré jusqu’à ce que Vinay Sohun agresse son épouse en lui assénant quatre coups de couteau au niveau du dos, de la poitrine et du ventre. Le drame s’est déroulé à leur domicile à Mon Désert.

Après l’agression, le suspect avait pris la fuite dans les champs de canne en compagnie de son fi ls de 13 ans. Aux policiers, l’accusé avait expliqué que, pendant un certain temps, il était parti vivre chez sa belle-mère, à Mon Désert, pour travailler alors que son épouse et sa fi lle vivaient toujours chez sa mère, à Petite-Rivière. Quelque temps plus tard, la victime est venue vivre chez sa mère. Jayshree Sohun, elle, s’était liée d’amitié avec son voisin, situation que n’appréciait pas Vinay Sohun. Le jour fatidique, suite à une dispute, l’accusé affi rme avoir été « provoqué » par sa femme, le poussant à commettre l’irréparable. « Li’nn dir mwa ki li kav al dormi kot li anvi ek li. Ki mo pou kav fer ? Monn pik li ek monn dir li samem mo kav fer », a déclaré l’accusé. Me Moirt avait demandé à la cour de prendre en considération l’état d’esprit de son client, qui vivait déjà dans la tourmente au moment du drame.