Le procès intenté à Indraduth Mohit pour le meurtre de Dharmanand Ruttan s’est ouvert devant les Assises ce matin. L’accusé a plaidé non coupable. Alors que la Cour s’apprêtait à constituer le panel des jurés, l’avocat de la défense, Me Sanjeev Teeluckdharry, a formulé une motion objectant à la liste des jurés qui, selon lui, « is not a fair representation of the cross section of the mauritian society ». Il devait faire ressortir que cette liste est principalement composée de fonctionnaires alors que les autres parties de la population n’ont pas été incluses. Les débats ont eu lieu sur cette motion. L’affaire sera de nouveau appelée mercredi.
Avant l’ouverture du procès, l’homme de loi d’Indraduth Mohit avait fait une demande pour la communication de certains documents. La poursuite, pour sa part, s’était attardée sur le fait que la Cour d’assises ne pouvait entretenir la motion de la défense à ce stade, car un panel de jurés n’avait pas encore été constitué pour ce procès. Or, ce matin Me Sanjeev Teeluckdharry a logé une objection préliminaire à la liste des jurés, estimant que celle-ci devait inclure d’autres catégories de la population que des fonctionnaires pour que son client puisse bénéficier d’un procès équitable. L’avocat a demandé qu’un Full Bench de la Cour suprême se penche sur cette motion, car cela relève d’une question constitutionnelle de grande importance au sujet des droits d’une personne à un procès équitable. La poursuite a résisté à cette motion en évoquant plusieurs articles de la Constitution. Le juge Benjamin Marie-Joseph a alors demandé à la défense de reformuler son objection. Les débats se sont poursuivis dans l’après-midi.
Indraduth Mohit, qui dit dans ses dépositions avoir fait face à une foule hostile, compte plaider la légitime défense. Ce bijoutier habitant Sébastopol est accusé d’avoir mortellement poignardé Dharmanand Ruttan le 11 mars 2007 lors d’une altercation dans l’enceinte du poste de police de Montagne-Blanche. La victime, âgée de 49 ans, comptait dénoncer deux frères qu’il soupçonnait d’avoir incendié son véhicule. Selon la police, Indraduth Mohit, accompagné d’autres personnes, avait débarqué dans un 4×4 dans la cour du poste, avant de s’approcher de Ruttan et de le poignarder à l’abdomen. Cette histoire aurait pour toile de fond un différend sur la relation entre la fille de Dharmanand Ruttan, Pooja, et Kishan Mohit. À la police, il avait expliqué que la victime avait agressé sa mère et lui-même, et qu’il avait porté plainte. Depuis cet incident, Dharmanand Ruttan n’aurait cessé d’importuner sa famille.
Ce jour-là, alors qu’il devait apprendre que le véhicule de Dharmanand Ruttan avait été incendié, il aurait téléphoné à son frère, Kishan Mohit, pour lui demander de rentrer à la maison de peur que Dharmanand Ruttan ne vienne lui chercher noise. Il venait à peine de rentrer chez lui quand la police serait venue arrêter son frère, soupçonné d’avoir incendié le véhicule de la victime. Lorsque Indraduth Mohit est arrivé au poste de police de Montagne-Blanche en compagnie de deux autres personnes, une foule qui s’était déjà regroupée dans la cour serait approchée d’eux et aurait commencé à les agresser. Il s’était alors saisi du couteau de son ami et l’aurait lancé vers Dharmanand Ruttan pour se défendre. « Bann lezot dimounn ti bien ankoler koumadir zot ti pou touy mwa, mo ti bien per sa ler la e mo finn kontinie defann mwa ek sa kouto-la », avait-il déclaré.