Condamné à la prison à perpétuité par la Cour d’Assises le 11 février pour le meurtre de sa belle-fille, Stacey Henrisson, Jayraj Sookur a logé son “notice of appeal” hier en Cour suprême. Le jugement du juge Benjamin Marie-Joseph y est contesté en trois points, qui font état notamment de « failles dans le verdict des jurés ».
Selon les “grounds of appeal” de Jayraj Sookur, soumis en Cour suprême hier par l’intermédiaire de son avoué, Me Pazany Thandarayen, le verdict des jurés ne pourrait tenir car les confessions alléguées de l’accusé dans ses dépositions à la police ne corroboreraient pas avec les circonstances de cette affaire. « The alleged confessions of the appellant are uncorroborated and in the circumstances of this case, as borne out by the evidence, the said alleged confessions cannot reasonably be acted upon by any reasonable jury », peut-on lire du document.
Jayraj Sookur est également d’avis que le juge « misdirected » les membres du jury quant aux éléments qu’ils auraient dû considérer lors du procès : les témoignages, les preuves ainsi que le poids qu’ils auraient dû accorder aux dépositions de l’accusé, entre autres. « The case for the defence was not addressed or not sufficiently addressed upon by the learned judge so that the jury did not have a fair and balanced view of the cases of the prosecution and the defence respectively. The learned judge failed to direct the jury as to the material discrepancies surrounding the securing of exhibits which go to the evidential value of the said exhibits », cite le document.
D’autre part, Jayraj Sookur soutient que le juge Benjamin Marie-Joseph n’aurait pas dû rejeter sa motion concernant un « trial by the press » car cela l’aurait « empêché d’avoir un procès équitable ». Reconnu coupable par la majorité des jurés du meurtre de sa belle-fille, Jayraj Sookur a été condamné le 11 février à la prison à vie, équivalent à 60 ans d’emprisonnement. Pour le juge, étant donné la gravité du délit et les circonstances entourant le crime, « il fallait appliquer une sentence sévère ». Le corps partiellement dénudé et en état de décomposition de Stacey Henrisson, qui se trouvait dans un sac en plastique jeté au fond d’un ravin à Plaine-Champagne, avait été découvert le 13 mai 2012 par des randonneurs. Deux suspects avaient été arrêtés quelques jours plus tard, soit Jayraj Sookur, compagnon de la mère de Stacey Henrisson, et son chauffeur, Ramdassen Tany, pour complicité de meurtre. Ce procès très médiatisé a duré environ quatre semaines et a vu défiler une trentaine de témoins, dont les proches et parents de la victime. Ces derniers ont relaté des appels à l’aide de l’adolescente quelque temps avant sa disparition.