Développement de taille ce matin dans l’enquête confiée à la CID de la Western Division en vue d’élucider le meurtre de Stacey Henrisson, âgée de 16 ans. Suivant les détails des aveux du beau-père et présumé meurtrier, Jayraj Sookur, âgé de 49 ans, et Master Healer de Bonne-Mère, des plongeurs professionnels du Groupement d’Intervention de la Police Mauricienne (GIPM) ont recouvré, ce matin, du lit de la Grande-Rivière-Nord-Ouest (GRNO), l’ordinateur portable et la caméra appartenant à la lycéenne et saisis par le principal suspect entre le 3 et le 5 mai. Un Discman a même été récupéré du lit de la rivière. Les recherches se poursuivaient car le téléphone cellulaire de Stacey Henrisson, qui avait été saisi par le beau-père, était toujours introuvable à la mi-journée. Avec ces nouvelles pièces à conviction, l’étau s’est resserré autour de l’époux de Béatrice Rouillon-Sookur. En parallèle, devait se dérouler une autre partie du reconstitution des faits de ce crime avec la participation du présumé complice et suspect No 2, Ramdassen Tany, âgé de 56 ans, et habitant Petit-Raffray. D’autre part, Béatrice Rouillon-Sookur sera entendue Under Warning par une équipe d’enquêteurs, menée probablement par l’inspectrice Quenette à la fin de l’interrogatoire de son époux.
Après une première série de plongées durant le week-end, les hommes-grenouilles du GIPM sont revenus, ce matin, sur les lieux pour de nouvelles recherches. Les efforts déployés par la police ont fini par payer car l’ordinateur portable, la caméra et un Discman appartenant à la victime ont été retrouvés dans la rivière sur le côté gauche du pont. D’autres plongées étaient en cours à la mi-journée en vue de confirmer si d’autres effets personnels de Stacey Henrisson n’avaient pas été balancés par-dessus le parapet gauche du pont de la Grande-Rivière-Nord-Ouest aux petites heures du matin du dimanche 6 mai.
Cette information précise sur les lieux où l’ordinateur et le téléphone cellulaire de la jeune lycéenne ont pu être récupérés avait été communiquée aux hommes du chef enquêteur, l’assistant surintendant de police, Daniel Monvoisin, à la fin de la reconstitution des faits de vendredi dernier. Alors que les limiers de la CID de la Western Division consignaient une entrée au poste de police de Bambous au sujet de la reconstitution, vendredi après-midi, selon les procédures établies, Jayraj Sookur devait faire d’autres révélations.
« Mo inn zet ordinater ek telefon dan pont Grande-Rivière-Nord-Ouest kan nou ti fini zet kadav Plaine-Champagne ek kan nou ti pe retourn lakaz », aurait déclaré en substance le meurtrier présumé. Avec les items récupérés ce matin par les plongeurs du GIPM, les aveux du beau-père se sont avérés justes avec pour conséquence que l’étau se resserre autour de lui quant au meurtre de Stacey Henrisson.
Le crime avait été commis entre 19 heures et 20 heures, le samedi 5 mai. Par la suite, Jayraj Sookur a enveloppé le cadavre de la victime dans des sacs-poubelle à être balancés dans un ravin à une dizaine de mètres de Plaine-Champagne vers les minuit et demi ce même soir, soit que Jayraj Sookur et Ramdassen Tany auraient roulé dans la Mitsubishi de couleur blanche avec leur victime les mains ligotées dans le dos et un sac en plastique sur sa tête sur les principaux axes routiers à travers l’île pendant environ cinq heures.
La prochaine étape de l’enquête policière, soit l’interrogatoire de la mère de la jeune fille et l’épouse du meurtrier présumé, s’annonce déterminante pour la suite de l’enquête policière. À ce jour, tout semble indiquer que cette étape ne devra être franchie qu’après l’interrogatoire complet de Jayraj Sookur sur tous les aspects de ce crime allant de la visite entreprise par les membres de la famille en Inde du 2 avril au 3 mai en passant par le meurtre du 5 mai à Bonne-Mère et les procurations et autres démarches entreprises par le beau-père pour s’approprier sous pression et chantage l’héritage de Stacey Henrisson.
En principe, l’interrogatoire de Jayraj Sookur devait reprendre cet après-midi selon la disponibilité de son avocat, Me Arun Kutowaroo. De son côté, Béatrice Rouillon-Sookur a fait parvenir à la presse un e-mail en vue de préciser sa position par rapport aux derniers développements de l’enquête policière et ses premiers commentaires à son arrivée au pays le vendredi 18 mai.
« À ma descente d’avion, j’ai été accueillie à l’aéroport par mes proches et ce n’est que là que j’ai appris la terrible nouvelle que ma fille a été tuée et que mon mari était en prison. J’ai aussi pensé que la meilleure des choses était d’appeler ma maman afin qu’elle apprenne que j’étais rentrée. Au lieu de me présenter ses sympathies, elle m’a dit : “Alors, là qu’est-ce que tu vas dire, hein, qu’est-ce que tu vas dire ?” et elle a continué à me crier dessus alors que je ne savais même pas que mon mari était déjà passé aux aveux, raison pour laquelle je clamais son innocence », fait comprendre Béatrice Rouillon Sookur, qui soutient qu’elle ne conteste pas le fait que sa fille soit inhumée au caveau familial des Henrisson au cimetière de la paroisse anglicane de St-Thomas à Beau-Bassin.
Par ailleurs, la police s’apprêtait à la mi-journée à procéder à une reconstitution des faits avec le présumé complice Ramdassen Tany. Le point de départ prévu est le domicile de cet ancien chef de sécurité d’un important groupe hôtelier. Il devra refaire en compagnie des enquêteurs le trajet emprunté en début de soirée du samedi 5 mai en vue de jeter le cadavre de Stacey Henrisson à Plaine-Champagne.