Le Mahatma Gandhi Institute (MGI) compte six établissements secondaires situés dans différentes régions du pays, à savoir le MGI (National school), MGSS (Flacq), MGSS (Moka), Rabindranath Tagore SS, MGSS (Solférino) et MGSS (Nouvelle-France). Ce secteur du secondaire, d’habitude calme, est cependant agité depuis quelques jours en raison d’un changement majeur d’ordre pédagogique souhaité par l’Acting Director Schooling. La proposition de ce dernier, pour une uniformisation des manuels scolaires et des examens internes, laquelle devait entrer en vigueur ce trimestre, donne lieu à un désaccord quasi général. La question a été discutée lors d’une réunion des recteurs de ces établissements. Face à la résistance, il est fort probable que ce projet soit mis en veilleuse.
Cette question d’uniformisation des manuels scolaires et du système d’examens dans les collèges gérés par le MGI est évoquée depuis le troisième trimestre de l’année dernière. Les réactions quant à ces changements sont plutôt négatives. Les mêmes questionnaires seraient proposés dans les six établissements pour les “end terms exams”. « Il y a une raison purement pédagogique dans cette démarche d’uniformisation », déclare Dhavarajen Mauree, Acting Director Schooling. Mais il y a une forte opposition face à sa proposition. « Cette décision provoque beaucoup de remous », confient des chefs d’établissement au Mauricien. En effet, des enseignants, des élèves, des parents, et même des responsables d’écoles, sont contre ce projet d’uniformisation. « Les écoles MGI prônent la même philosophie de l’éducation, mais chaque établissement a ses caractéristiques et ses réalités. Soyons honnêtes : le niveau académique des élèves n’est pas le même partout et, de ce fait, les apprenants ne progressent pas au même rythme. Cette uniformisation fera beaucoup plus de mal que de bien à l’enseignement et aux apprenants », affirme, sur un ton catégorique, le responsable d’un de ces collèges.
C’est surtout du côté du National College que la réaction s’avère la plus agressive. D’ailleurs, la PTA de cet établissement a rencontré en début de semaine l’Acting Director Schooling pour présenter ses arguments, justifiant son opposition à ce changement, et s’apprête aussi à envoyer une lettre à l’administration générale du MGI pour faire part de ses réserves et pour demander de surseoir à cette décision.
De plus, les parents mécontents soulignent le statut “National College” de l’établissement. « Les élèves dans les National Colleges sont en situation de compétition dès la Form I et ceux du MGI partagent le même état d’esprit. En toute connaissance de cause, nous avons choisi cet établissement pour l’admission en Form I et c’est maintenant qu’on vient changer les règles du jeu sans nous informer officiellement d’un tel changement », déplore l’un des protestataires. « Et pourquoi ce changement, alors que le MGI fait partie des établissements qui deviendront des Academies dans le cadre du “Nine-Year Schooling” ? » questionnent aussi des parents.
L’Acting Director Schooling est conscient de la résistance. « Tout en tenant compte des préoccupations des parents d’élèves du National College au plan académique, nous devons travailler pour l’ensemble des apprenants affectés dans les six établissements en gardant en tête les valeurs prêchées par Gandhi, comme le partage, la solidarité et l’entraide. La philosophie de Gandhi doit nous guider dans notre projet éducatif de la Form I à la Form VI, mais elle dépasse aussi le cadre scolaire et doit s’intégrer dans la vie quotidienne. » Ce dernier n’est pas d’accord avec ceux qui affirment que cette uniformisation risque de causer une baisse du niveau de performance des collèges en faisant référence au taux de réussites du MGI et à celui des cinq MGSS aux derniers examens de SC/HSC. « Les MGSS ont travaillé aussi bien que le National College. Ce changement permettra de consolider les acquis et il n’y a aucune raison que le niveau baisse à l’avenir puisque tout le monde ira dans la même direction, avec le besoin de faire progresser tous les élèves indistinctement », dit Dhavarajen Mauree sur un ton convaincu. Cependant, il reconnaît que sa démarche a été mal comprise « par manque de communication » et qu’il a peut-être été « trop hâtif ».
« Toutes les préoccupations seront prises en considération et pour que le projet marche, il faut un “feel good factor” à tous les niveaux », admet l’Acting Director Schooling. « Je comprendrais si on n’arrive pas à mettre en pratique cette proposition cette année. » Est-ce un recul ? « Je dirais plutôt que toutes les parties concernées ne sont pas encore prêtes car il y a un système bien ancré », répond-il.
Par ailleurs, il n’y a pas de liste de manuels imposée par le ministère de l’Éducation quant aux classes du secondaire. Les collèges privés subventionnés et d’État ont de fait la liberté de choisir les “text books” en tenant compte bien sûr du contenu du curriculum, du niveau et des besoins de leurs élèves respectifs. Il y a aussi d’autres facteurs qui entrent en jeu dans le choix des manuels, tels la qualité des manuels et leur prix ainsi que leur disponibilité sur le marché. Les profs tiennent compte également des nouveautés proposées chaque année par les maisons d’édition. « Il n’y a pas de consultation entre les écoles au sujet des manuels », affirment les enseignants. En dehors des manuels utilisés tout au long de l’année, il y a également une forte demande par des parents auprès des profs pour des “workbooks” (livre contenant uniquement des questions), qui seront travaillés à la maison. « Depuis l’introduction du Form III National Assessment, des parents réclament des “workbooks” que les enfants utilisent pour travailler chez eux et à leur rythme », expliquent des enseignants.
S’agissant des évaluations de fin de trimestre, y compris celles de fin d’année – hormis la Form III National Assessment –, chaque collège organise ses examens et prépare ses questionnaires en fonction des chapitres couverts pendant l’année académique.