Comptant actuellement une seule société minière (Schumba Coal Ltd) sur le Development and Enterprise Market (DEM), la Stock Exchange of Mauritius Ltd veut inciter d’autres petites compagnies minières à se faire coter sur le marché boursier local. D’où l’intervention hier après-midi de Shamin Sookia, Head of Listing à la SEM, à la conférence “Mines and Money” à l’hôtel Intercontinental, Balaclava. Shamin Sookia s’est appesanti sur les avantages d’une cotation à la Bourse de Port-Louis. La SEM, a-t-il expliqué, a modifié ses règles de cotation en 2012 en vue d’attirer des compagnies minières et autres promoteurs de projets miniers.
En définissant son approche, la SEM voulait prendre appui sur la position géographique stratégique de Maurice en tant que pont entre l’Asie et l’Afrique ainsi que sur les relations économiques qui se sont développées au fil des années avec le continent africain. « Nous présentons Maurice comme un “one stop-shop” offrant une panoplie de produits et services financiers et englobant tous les avantages découlant des traités de non-double imposition et des accords de promotion et de protection des investissements que nous avons signés », a déclaré Shamin Sookia.
Le Head of Listing de la SEM a ensuite élaboré sur les avantages d’une cotation sur le marché boursier mauricien, évoquant d’abord la reconnaissance internationale de celui-ci à travers son affiliation, entre autres, à la World Federation of Exchanges et à l’association des Bourses des Valeurs de la SADC. Il a fait ensuite état de la stratégie de positionnement international de la SEM et du rehaussement de la plateforme boursière une démarche qui a permis, ces dernières années, la cotation d’environ une trentaine de fonds étrangers et de sociétés opérant dans le secteur du Global Business. « L’avantage de Maurice, c’est que le pays a une économie réelle avec divers piliers solides », a fait ressortir Shamin Sookia. Ce dernier a expliqué que la Bourse peut jouer le rôle de passerelle entre les sociétés minières à la recherche de capitaux pour financer leurs projets d’exploration et les pourvoyeurs de fonds, dont ceux opérant dans le secteur du Global Business.
« De nombreux fonds enregistrés dans ce secteur ont financé une multitude de projets de développements en Afrique. Nous voulons appliquer la même formule concernant les compagnies minières », a-t-il indiqué. Shamin Sookia a, dans la même foulée, laissé entendre que, depuis 2009, un montant de USD 2,6 milliards a été levé par le truchement de la Bourse de Maurice.
Le marché mauricien, a-t-il fait remarquer, permet des transactions en différentes devises (dollars, livres sterling, euros et rands, entre autres) et est le seul en Afrique à proposer de telles facilités. Shamin Sookia a cité le cas de la société Rockcastle, dont le titre est coté en dollars sur le marché boursier mauricien et en rands sur celui de Johannesburg. La rationalisation des procédures d’admission sur notre marché boursier, la flexibilité dans l’approche administrative de la SEM ainsi que les coûts relativement bas d’un “listing” local ont été également soulignés par Shamin Sookia. « Une cotation peut intervenir dans un délai de 5 à 6 semaines suivant la présentation du dossier à condition cependant que la société intéressée présente tous les documents requis », a-t-il annoncé.
Le Head of Listing de la SEM s’est dit confiant que de nouvelles sociétés minières s’intéresseront à l’avenir à une cotation sur le marché local. Les opportunités existent pour un “cross listing”, comme c’est le cas pour Schumba Coal Ltd, qui est aussi inscrit sur le Botswana Stock Exchange.