Paul Bérenger a dénoncé samedi l’abolition de l’obligation pour les ministres et députés de rendre publics leurs avoirs. Il a annoncé qu’un éventuel gouvernement MMM réintroduira immédiatement la clause 5 de la Declaration of Assets Act.
M. Bérenger a rappelé qu’en 2011 lors de l’adoption de la Local Government Act, présentée par le ministre Hervé Aimée, le parlement a aussi adopté une clause stipulant que la section 5 de la Declaration of Assets Act est abolie. Or, cette section traite précisément de la publication des déclarations des avoirs des ministres et parlementaires. Il a observé que le Premier ministre a annoncé la semaine dernière qu’un texte de loi sur la déclaration des avoirs est déjà prêt. « Il est clair qu’il n’a aucune intention d’ajouter que les déclarations des avoirs devront être rendues publiques. Nous dénonçons cela et nous ferons le nécessaire aussitôt que nous aurons repris le gouvernement », a déclaré Paul Bérenger.
Le Premier ministre est en train de se faufiler sur cette question alors qu’en France, tous les ministres ont été obligés de rendre public leur patrimoine. Une loi est en préparation mais il y a des résistances. « Ena bann Ramgoolam là-bas ousi. Il y a des gens qui s’oppose à la publication des avoirs ministériels et des députés. »
Alan Ganoo a, pour sa part, déploré l’attitude désinvolte et arrogante des ministres dont le nom est associé aux scandales qui dominent l’actualité. Laquelle attitude est assortie d’une culture d’impunité et d’intouchabilité créée par le gouvernement du jour. « Aucun de ces ministres n’a eu l’humilité de présenter ses excuses ou de démissionner. Ils sont toujours là sans aucune gène », a-t-il dit. Il a qualifié d’intolérable que l’Attorney General, sur lequel pèse la suspicion d’agression d’un jeune de 19 ans à la suite d’un accident et contre qui six témoins se seraient déjà manifestés, soit toujours en fonction. « En respect pour la fonction qu’il occupe qu’il aurait dû avoir soumis sa démission par élégance, pour montrer que tout n’est pas permis, que Maurice est un État de droit et afin de permettre que l’enquête se déroule en toute indépendance », a dit M. Ganoo. « Au lieu de cela, il a choisi de blâmer les policiers du poste de Sodnac », a-t-il ajouté.
M. Ganoo a observé que dans tous les cas de scandales et des cas avérés d’incompétences que ce soit lors des inondations, de l’accident de Sorèze, le gouvernement mise sur le fait qu’avec le temps la population oubliera ce qui s’est passé.
S’agissant des allégations de pédophilie, le leader de l’Opposition observe que le ministre de l’Éducation s’est engagé dans une stratégie de fuite en avant, d’utilisation outrancière de l’appareil de l’État afin de protéger un agent politique sur qui pèse des accusations bien graves. Il a aussi critiqué les ministres Martin, et Aimée. « Le plus grand responsable demeure le chef de gouvernement, Navin Ramgoolam, qui est l’otage des ministres et n’est pas en mesure d’exercer son autorité en raison de la fragilité de son gouvernement », a soutenu M. Ganoo.
Commentant le PRB, Alan Ganoo estime que le gouvernement doit dire clairement si le rapport a été approuvé in toto à partir de 2013. Il a souligné qu’à chaque fois que le rapport PRB est publié, il y a une attente de la part des travailleurs du secteur privé. Il a demandé au gouvernement de lancer la machinerie et de demander au NRB de revoir les salaires des employés du secteur privé en particulier ceux se trouvant au bas de l’échelle.
De son coté, Paul Bérenger a observé que c’est Navin Ramgoolam et son son gouvernement qui avait approuvé le rapport Aujaheb, qualifié alors d’extraordinaire, et qu’il a fallu que les syndicats mènent une lutte acharnée allant jusqu’à la grève de la faim avec le soutien de l’Opposition pour qu’un comité présidé par Manraj soit institué. Aujourd’hui, le gouvernement a été obligé d’approuver le rapport Manraj. « Au niveau de l’opposition, nous prêtons une oreille attentive à ce que les syndicats ont à dire et en particulier les officiers de police qui sont très frustrés », a-t-il dit. Il a aussi fait mention de ce qu’il a qualifié de la douche froide du ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, qui a précisé que les fonds nécessaires pour payer le PRB sortent de la poche des contribuables y compris ceux de la fonction publique. « Cela a été fait exprès pour casser le tam-tam de Ramgoolam. Je suis certain que cela ne restera pas sans conséquences. »
M. Ganoo a aussi évoqué la situation au niveau de la Tertiary Education Commission. Il a demandé, au nom de l’opposition, que le conseil donné par le State Law office soit respecté scrupuleusement dans cette affaire et alors que des négociations sont en cours entre M. Mohadeb et le conseil d’administration de la TEC. Il a lancé un appel au ministre et tous ceux concernés de traiter ce dossier avec précaution.